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Au XIXe siècle le retour des grandes migrations.
L’humanité n’a jamais cessé de bouger, de se brasser. Pour s’en tenir aux époques historiques il y eut  les invasions des peuplades germaniques, les grandes invasions venues de peuples de l’Asie intérieure, les croisades avec l’inversion étonnantes du sens des déplacements de foule. Ensuite la découverte de l’Amérique a entrainé d’énormes déplacements des européens et des africains vers ces terres nouvelles à travers l’Atlantique. Quelques millions d’européens et d’africains ont été amenés de gré ou de force pour peupler le nouveau continent.
 Il semble cependant qu’au début du XIXe siècle, on enregistre une accélération du phénomène. Après le bouleversement provoqué dans toute l’Europe par l’aventure napoléonienne, une fièvre s’empare de toute une génération. Elle durera tout au long du siècle et dure encore

A partir du tournant entre les XVIII et XIXe siècles, des dizaines, voire des centaines de millions d’hommes et de femmes partent, quittent leur pays et s’en vont chercher une vie meilleure ou plus simplement des émotions fortes. Ils partent par millions de la vieille Europe pour  le continent américain, pour l’Australie.
Cet énorme mouvement est alimenté par des conditions économico-sociales désastreuses et la mise en œuvre de moyens de transport inconnus jusqu’alors. Le développement de la navigation à vapeur  et de la construction navale à coque métallique permet des transports massifs de foule jamais imaginés jusque-là.
Il semble que ces mouvements ne s’arrêteront jamais : aujourd’hui, les émigrés partent de l’Afrique ou de l’Asie pour l’Europe et utilisent tous les moyens imaginables pour rejoindre les paradis imaginaires que les hommes ont toujours fabriqué pour justifier leurs déplacements.

Je m’arrêterai volontiers sur le XIXe siècle car il nous a laissé des traces tangibles de ces aventures humaines. Beaucoup de voyageurs ont écrit ou ont été racontés. Ils sont restés dans l’histoire, on connait leur vie et leur parcours glorieux on leur a même parfois élevé des statues. Ils s’aventurent à travers des continents mal connus avec l’ambition d’effacer les taches blanches laissées par les géographes sur la planisphère. Ils risquent toutes sortes d’agressions physiques ou morales, souffrent de maladies ou de blessures sans nombre en parcourant les forêts tropicales, affrontent des peuples de sauvages, se mesurent aux tempêtes du Cap Horn ou aux ouragans tropicaux.  Explorer les solitudes arctiques, chercher de l’or en Californie, du guano à Valparaiso, construire des voies ferrées dans l’isthme de Panama ou dans la brousse d’Afrique de l’Ouest.
La plupart sont restés anonymes, aventuriers ou soldats obscurs, pionniers des déserts insalubres ou des forets hostiles, émigrés de toute l’Europe fuyant la misère ou suivant le flux des partants. Quelques-uns ont laissé des traces tangibles, ont écrit ou ont été racontés. L’histoire a conservé leurs noms, on connait leur vie et leur parcours glorieux ou discret ; on leur a même parfois élevé des statues.
Ils ont en commun le souci d’apporter une contribution à la connaissance de la terre, de la géologie, de la géographie, de la botanique, de l’anthropologie, de toutes les sciences humaines. Ils ont poursuivi avec détermination leur vocation exceptionnelle. Ils ne se sont pas soucié de leur popularité.

Pour l’exemple je cite chronologiquement quelques noms qui me semblent caractéristiques de l’ampleur du phénomène et de la variété des motivations :

  • Alexander Mackenzie (1764-1820), écossais émigré à New-York à l’âge de 10 ans, se forma dans le grand Nord au commerce des fourrures. En cherchant les débouchés des grands fleuves canadiens fut le premier européen à réussir la traversée du continent américain d’est en ouest. Parti de Monréa, en 1789, l il arriva à l’océan pacifique le 22 juillet 1793. « Il garde tous ses sens ouverts, ainsi que son esprit. Des remarques sur les cèdres, les tsugas, les bouleaux blancs et d’autres arbres abondent dans ses pages, et il est attentif aux animaux et à leur comportement ». (Bib : Kenneh White. Les vents de Vancouver ? France 2014.)
  • Camille de Roquefeuil, (1781-1831) l’audacieux réalisateur du Tour du monde sur le Bordelais de Balguerie-Stuttenberg. Marin expérimenté, capitaine avisé, il réalisa en 3  ans un voyage qui reste le prototype des voyages de prospection commerciale à l’échelle de la planète. Il ouvrit de nouvelles zones de marché en Extrême-Orient, sur toute la côte ouest du continent américain, dans le Pacifique et l’Océan Indien.(Bib. Le tour du monde en 37 mois, René Cruchet)
  • Armand Reclus(1843- 1927) Ingénieur, officier de marine, définit avec L.N. Wise, le tracé du futur canal de Panama.( Bib. Fauconnier : Panama, Armand Reclus et le canal des deux océans,  Atlantica 2004). L’original de son récit de voyage est disponible sur Gallica.  (Site de la BNF) 
  • Auguste Pavie (1847-1925) commerçant et représentant semi-officiel de la République, eut pour mission de reconnaître le cours du Haut Mékong et de faire la jonction entre la Cochinchine et le Tonkin (Bib. Le Passage du Mékong au Tonkin, présenté par Henri Eckert, édition Transboréal . 2006.)
  • Roger Casement (1864-1916) parcourut la jungle sauvage du Congo Belge puis celle de l’Amazonie pour dénoncer les sévices infligés aux indigènes par les récolteurs de caoutchouc avant de fnir en champion malheureux de l’indépendance irlandaise (Bib. Mano Vargas LLosa. Le Rêve du Celte , Gallimard 2011)

Tous ces grands voyageurs ont en commun leur persévérance dans la poursuite de leur projet malgré les obstacles de tout ordre, l’intérêt qu’ils portent autour d’eux aux hommes et aux choses de la nature, la volonté d’en témoigner.

A la même époque, on trouve toutes les grandes figures du colonialisme occidental qui ont reçu une grande publicité en leur temps comme Stanley, Livingstone ou Savorgnan de Brazza . Mais à côté d’eux, la conquête de l’Afrique de l’ouest a été l’œuvre d’une quantité d’hommes quasiment obscurs. En dehors de toute considération moralisatrice, ils ont accompli une œuvre de civilisation que l’on peut retrouver dans les innombrables récits et rapports administratifs relatant la conquête de l’Afrique de l’Ouest à la fin du XIX siècle avec notamment :
- Le docteur Lamy, Souvenirs de la cote d’Ivoire, dans le Journal Tour du monde, de la librairie Hachette . 2ème semestre 1905
- Commandant du génie, M. Houdaille, Le chemin de fer et le port de la Côte d’Ivoire, Organisation d’une entreprise coloniale. Construction du chemin de fer Ebrié vers l’intérieur. Berger-Levrault Paris 1905
- Auguste Chevalier botaniste (1873- 1956) L’Afrique Centrale Française, Challamel 1907
- Ferdinand de Behague, (1860- 1895) Capitaine au long cours, explorateur de la région Congo-Niger. Au pays de l’esclavage. Mœurs et coutumes de l’Afrique Centrale, Maisonneuve, Paris 1900.
- François Clozel (1860- 1918) explorateur région Oubangui, Tchad et nord Cameroun. Dix ans à la côte d’Ivoire, Paris Challamel , 1906.
- Gouverneur général Angoulvant (1872- 1932), La pacification de la côte d’Ivoire, Paris Larose 1916.
- D’autres auteurs se sont appliqués à retracer cette histoire mal connue de l’implantation française dans cette région. Robert Briet les a inventoriés et commentés avec fidélité.

 

Beaucoup de récits de voyages, de notes de correspondances, nous attendent encore dans les greniers et le fond des armoires

  • Itarkéo vous propose de les en exhumer et de publier les textes inédits.