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murabeillesLes murs à logettes
dans l'Europe
de l'Ouest

Robert P.L.Chevet

Qu'appelle-t-on mur à logettes ou mur à abeilles ?
Les murs à logettes sont des constructions qui ont été édifiées, depuis de très longues années par les apiculteurs pour protéger leurs ruches des intempéries, pluie ou vent. Incidemment les logettes ont pu recevoir un dispositif de fermeture permettant de protéger les ruches des risques de vol. Ils constituent de fait un rucher, c'est à dire un lieu où l'apiculteur a regroupé ses ruches en vue de leur exploitation. On les rencontre fréquemment dans la plupart des pays de l'ouest méditerranéen, là où les techniques de construction en pierre ont été anciennement répandues.
En réalité ce type de rucher est largement distribué dans toute l'Europe de l'Ouest comme nous allons le voir et dans chaque pays il porte un nom particulier ce qui rend difficile le choix d'une appellation unique. En Grande Bretagne où ils sont nombreux, on les trouve sous la dénomination de bee-boles ; en Provence ils reçoivent le nom d'apiers ou apiès, c'est à dire ruchers en langue occitane, ce qui confirme bien qu'ils sont la forme normale locale d'un abri collectif pour ruches. Ailleurs on les nomme murs alvéolés, murs à logettes ou murs à niches, ce qui correspond bien à leur morphologie. Plus généralement et depuis très longtemps on les qualifie de murs à abeilles. Ce vocable, bien qu'il soit un abus de langage puisque ce sont les ruches et non pas les abeilles qui sont placées dans les murs, a été employé très anciennement. On trouve des descriptions très anciennes de ces types de ruchers et, au moins à partir du XIXe siècle, les auteurs ont utilisé le terme murs à abeilles. Il est redevenu d'usage courant dans les années 1970 à la suite de la publication des recherches d'équipes travaillant dans la province française du Languedoc où ce type de construction se rencontre fréquemment.
Dans un texte publié en 1954 en Espagne par le docteur L. Armbruster, spécialiste allemand de l'apiculture ancienne l'auteur estime que les abeilles se complaisent dans des cavités rocheuses si bien que l'aménagement, dans des murs de pierre, de niches garnies de ruches facilite l'existence des abeilles. Dans cet article, il fait aussi référence à un passage de l'écrivain latin Columelle qui décrivait les cavités dans les murs des maisons servant à loger les abeilles sans que l'on puisse affirmer qu'il s 'agit de logettes plutôt que de placards. Si l'on en croit Mrs. Eva Crane qui les a longuement décrits dans son ouvrage Archaeology of Beekeeping , les murs à logettes ou à abeilles , qu'elle appelle bee-boles, sont des ruchers bâtis, c'est à dire des constructions édifiées spécialement pour abriter les maisons des abeilles. Ce sont des murs qui ont la particularité de disposer à l'intérieur de la maçonnerie d'alvéoles, niches, loges ou logettes propres à contenir une ou plusieurs ruches placées verticalement. Eva Crane écrit: recesses or niches built into the structure of a thick wall. (évidements, niches, construits à l'intérieur de la structure du mur.)

Séüs

Figure 1 - Détail du mur de Séous - (64 France)

Systématique des emplacements de murs à logettes
On constate de façon très générale que les murs à abeilles n'ont été utilisés que dans les régions où il était d'usage de tenir les abeilles dans des ruches verticales, en écorce, en paille ou en bois. Ceci exclut l'application des murs aux ruches horizontales. En effet celles-ci, quelles que soient leurs dimensions et le matériau dont elles sont faites, ont une morphologie qui ne s'accommode pas d'abris aménagés dans des murs de pierre. Dans les pays où l'usage des ruches horizontales est constant, on n'a pas construit de murs à logettes pour les abriter. Ainsi, par exemple, dans les montagnes du Haut Aragon, bien que ce soit une zone où la pierre est très présente dans le paysage agricole, d'autres solutions ont été adoptées pour protéger les ruches.
On peut donc admettre comme première règle qu'on rencontre principalement les murs à logettes que dans les zones où la tradition des ruches verticales est prédominante. Une deuxième règle est la présence systématique de la pierre dans les constructions rurales. Toutes les recherches menées à ce jour indiquent que ce type de rucher se trouve dans les pays où la pierre est un élément important, sinon exclusif, de la composition du paysage : maisons ou cabanes de pierre, limites de propriétés, murs de clôture ou bordure des chemins. Enfin, troisième règle, les murs à logettes sont généralement construits dans des régions où les conditions climatiques justifient l'existence d'abris pour les ruches ; par exemple des pays très sujets aux pluies abondantes, comme la Bretagne , ou aux vents violents comme la Provence.

Morphologie, dimensions et matériaux
La forme des niches, alvéoles ou logettes est de toute évidence conditionnée par les dimensions des ruches qu'elles doivent recevoir mais on remarquera dans les descriptions qui suivent qu'il existe, d'une part de grosses différences dans la qualité et l'apparence des niches, et que d'autre part, il y a selon les régions de gros écarts dans la capacité de contenir et d'abriter des ruches, cet écart allant de deux à trois unités jusqu'à une centaine, voire davantage.

Cuges-les-pins

Figure 2 – Apier de Cuges-les-pins (13 France) - © M. James

La forme des ruches traditionnelles et le matériau avec lequel elles étaient faites avaient également un impact important sur la forme et la conception des murs à abeilles. Les pays qui utilisaient des ruches en vannerie en forme de cloche construisaient des niches se terminant dans leur partie haute par une petite voûte dessinée pour s’adapter à la forme du sommet de la ruche ou au mieux constituée de deux briques ou deux pierres plates appuyées l’une sur l’autre.

L'Ayrine

Figure 3 -  Partie du mur de l’Ayrine (Béarn) montrant la couverture en briques plates - © R.C.

Quand la ruche se terminait dans sa partie supérieure par un couvercle ou une plaque de pierre, le mur comportait en sa partie supérieure un linteau robuste qui lui donnait une forme carrée.
Qu’il s’agisse de l’apparence des constructions ou du nombre de niches disponibles, il semble que les différences sont liées étroitement à la capacité de réalisation des constructeurs, à leurs moyens financiers et à leurs besoins c’est à dire à l’importance de leur cheptel. Il est certain que la proximité des grands consommateurs de cire pour l’éclairage, établissements religieux ou grandes demeures anciennes, a largement favorisé l’établissement de ruchers importants et donc de murs à grande capacité.

Où trouve-t-on ces murs à logettes ?
Cette grande variété de possibilités se traduit par une grande abondance de sites dans tous les pays de l’Europe de l’Ouest. A l’évidence, nous ne sommes pas actuellement en état de pouvoir déterminer exactement le nombre de sites dans les différents pays concernés car les zones qui ont été prospectées sont relativement minoritaires par rapport à l’étendue des possibilités. Les descriptions mentionnées ci-après ne donnent donc qu’une indication de la situation et de l’importance des murs à abeilles.

Murs à abeilles dans le Royaume-Uni
Indiscutablement, c’est dans le Royaume Uni que l’on connaît actuellement la plus grande quantité de ce que les anglais ont dénommé des bee-boles. Entre 1952 et 1983, les chercheurs de l’Ibra, sous la direction d’Eva Crane, ont dénombré 690 sites dont 678 en Grande Bretagne, (411 en Angleterre, 28 au Pays de Galles, 160  en Ecosse et 19 en Irlande). De plus, certains sites comme celui d’Elton dans le Gloucestershire comportent deux ou, plusieurs groupes de ces bee-boles. Ces constructions sont très anciennes et quelques documents écrits témoignent de leur existence à des dates assez lointaines, comme 1618 pour le New Orchard and garden de William Lawson, ou 1822 pour l’Encyclopedia of Gardening de J.C. London, ou encore 1700 environ pour les panneaux peints de Charity Farm dans le Somerset. Mais la tradition locale indique clairement qu’il s’agit d’un usage encore plus ancien, contemporain de l’édification des constructions villageoises en pierre.

Ballingary

Figure 4 - Ballingarry (Comté de Tipperary) - © A.Plantivaux

La grande majorité de ces murs est située dans des jardins. Dans la plupart des sites, le nombre d’alvéoles se situe entre 2 et 5. Quelques rares emplacements comportent deux rangées avec plus de 50 niches.
Les dimensions de ces niches sont quasiment standard, avec de faibles variantes autour des valeurs, en pouces, de 20 pour la hauteur, 17 pour la largeur et 18 pour la profondeur.

Portumna

Figure 4bis - Portumna (Comté de Galway) - © A.Plantivaux

En Belgique
Des études menées par Gaby Roussel et publiées dans les Cahiers d’Apistoria (G. Roussel, 2006) ont signalé la présence de niches dans des murs situés au cœur de la ville de Liège. Elles sont incluses dans les murs de soutènement des terrasses qui dominent les Coteaux de la Citadelle. Dans la province du Limbourg, le château d’Hex dispose d’un mur à abeilles avec cinq niches chacune pouvant contenir 3 ruches.

Liège

Photo 5 - Niche des terrasses de la Citadelle à Liège - © G. Rousssel

A Liège comme à Hex les niches sont de grandes dimensions et peuvent abriter de deux à trois ruches du type des ruches verticales en paille utilisées dans ces régions depuis le XVIIe siècle au moins. Une peinture de Brueghel (XVIe siècle), que l'on peut situer en pays flamand, nous montre une demi douzaine de ruches qui semblent être abritées contre un mur protecteur.

En Italie
Nous connaissons peu de sites comportant des murs à abeilles dans la péninsule italienne. Cette rareté peut s’imputer à la relative faiblesse des recherches sur place d’autant plus que l’ensemble du pays se caractérise par une prédominance des traditions de ruches verticales. Seule la partie sud de la péninsule et la Sicile ont privilégié l’utilisation de ruches horizontales. Malgrè cela, les travaux publiés par Luigi N. Masetti indiquent un certain nombre de murs alvéolés situés dans la région des Pouilles (L.N. Masetti, 2002). A Specchia, un grand enclos en pierre comporte en son intérieur une rangée de niches. Dans la province de Tarente, plusieurs jardins de propriétés (masseria) sont clôturés par des murs pourvus de niches destinées aux abeilles.
Les recherches à venir permettront vraisemblablement d’accroître nos connaissances dans ce pays où l’apiculture traditionnelle est encore mal connue.

Specchia

Figure 6 - Mur à Specchia

En Espagne
Dans le Nord de l’Espagne, les murs à abeilles apparaissent dans deux régions très différentes, la Catalogne et la Galice.
En Catalogne, il semble que l’usage des murs doive être considéré comme une prolongation des usages du Languedoc voisin et remonter à une époque lointaine où toute la côte occidentale méditerranéenne connaissait une unité de traditions. Les ruches traditionnelles y étaient les mêmes et les risques météorologiques l’étaient aussi. (J. Llorens, 2002).

La Fam

Figure 7 - Mur de la Fam

En Galice, pays de la pluie et de la douceur atlantique, les abeilles étaient protégées soit en étant enfermées dans des placards à l’intérieur des maisons d’habitation, les alacenas, soit en plaçant les ruches, des petits cylindres de chêne liège, sous des tables de pierre, souvent agencées en cercles fermés d’un petit muret ou en rectangles bâtis de la même façon. Les ruches étaient alors placées par groupe de deux à quatre, sous de longues lauzes de pierre pouvant atteindre trois mètres de longueur, posées sur des jambettes de pierre. Ce sont les albarizas, variante locale du mur à abeilles que l’on trouve en abondance dans la région des rias du sud . (R. Chevet 1988)

Albariza

Figure 8 - Albariza à Castrobuxan

On remarque aussi dans la région des monts Cantabriques, au sud de la province de Cantabria et dans le Nord de la province de Burgos (Merindadès) des murs aménagés avec des abris temporaires de ruches verticales qui ont été, jusqu’à une date récente la forme générale de conception des ruchers dans ces régions de montagne où la pluie et le froid contraignaient les apiculteurs à trouver des solutions de protection des ruches et de leurs abeilles.
Sans correspondre exactement à la définition générale des murs à abeilles, ces ruchers sont tout à fait assimilables à cette famille de types de ruchers: ils sont liés à l’existence de murs de pierre et en appui sur ces murs, des couvertures étanches souvent renforcées de pierres plates servent d’abri aux ruches.

Merindadès

Figure 9 – Ruchers couverts dans les Merindadès

En France
Dans l’état actuel de nos connaissances, l’existence de murs à abeilles en France est dispersée dans une grande partie du territoire avec cependant une forte concentration dans les provinces du littoral méditerranéen (Languedoc et Provence), en Béarn et en Bretagne. Notez cependant la présence en Bourgogne, à Précy-sur-Vrin, d'un mur qui a compté jusqu'à 200 alvéoles.
En Languedoc et Provence le terme très généralement employé est celui d’apier. C’est le terme qui désigne tout naturellement le rucher. La ruche traditionnelle est le buc, ou bugar, une ruche verticale fabriquée en vannerie, en éclisses légères ou en chêne liège; tous matériaux qui craignent davantage les méfaits du vent que  ceux de la pluie qui est relativement rare. Dans cette région fortement marquée par l’emploi de la pierre sèche, l’utilisation de murs alvéolés semble naturelle pour protéger les ruches des vents violents.
Selon les travaux menés par notre ami, le regretté André Vialat, on trouve deux catégories d’apiers, les ruchers familiaux qui ne comportent qu’une douzaine d’alvéoles au maximum et les apiers institutionnels, ceux qui dépendaient soit des châteaux soit des abbayes. Ils pouvaient atteindre 72 alvéoles, comme dans le mur de Cuges-les-Pins (Fig. 2).
Comme en Angleterre, les dimensions sont relativement fixes et correspondent à la taille des ruches communes.
La plupart des ruchers sont bâtis dans un mur de petite hauteur et les alvéoles ne sont placées que sur un seul niveau. Toutefois, dans le cas des ruchers seigneuriaux ou d’abbaye on peut trouver jusqu’à 3 niveaux de niches.

Cabr!ères d'Avignon

Figure 10 – Cabrières d'Avignon - Les Cabanes - © M.James

Bonpas

Figure 11 – Chartreuse de Bonpas - © M.James

On relève dans les travaux de Michel James les chiffres suivants illustrant l’importance des murs à abeilles dans les départements méditerranéens :

Bouches-du-Rhône: 37
Alpes-de-Haute-Provence: 1
Var: 103
Vaucluse: 22

Le total de ces chiffres se rapproche de celui observé en Grande Bretagne par les travaux de l’Ibra et rend compte de l’importance de ces murs en littoral méditerranéen.

Pélanchon

Figure 12 – Ferme Pélanchon, La Roque d'Anthéron - © R.C

Vernègues

Figure 13 – Vernègues - © R.C

En Bretagne
Les recherches menées par plusieurs chercheurs et particulièrement récemment par Jean-Paul. Collo (J-P. Collo, 2006) ont permis d’identifier une quinzaine de sites. Le nombre de niches disposées dans chacun des murs observés varie de 3 à 20. En général les niches sont alignées sur une seule rangée. On trouve néanmoins un mur à deux rangées dans les villages de Plouray (56) et de Baud (56) et même quatre niveaux d’alvéoles dans le pignon du très beau rucher de Guimaec (29).

Guimaëc

Figure 14 - Guimaëc

De manière très générale les plafonds des niches sont plats, fermés par un gros linteau en pierre. Le mur de Ploujean (29) fait exception avec de gracieuses briques disposées en appui. On notera l’originalité d’un système  de fermeture dans le mur de la ferme de Baud (56). Le verrouillage est obtenu par le passage d’un grande barre de bois à travers des pierres évidées spécialement.

En Normandie
Dans la presqu’île du Cotentin, une douzaine de sites ont été visités. Ils présentent les mêmes caractéristiques que ceux de la Bretagne proche. Il sont souvent inclus dans les murs de granges, proches de maisons d’habitation.

Tessy

Photo 15 - Mur à abeilles de Tessy (50) - © R.C

D’autres murs à abeilles ont été identifiés en France. Tant que les recherches n’auront pas permis d’en découvrir davantage dans leur voisinage on ne peut citer que quelques murs relativement isolés : celui du château de Sarlan en Auvergne. En Bourgogne, ceux de Flavignerot près de Dijon et de Barboron, Fleury, et Ternant et surtout celui de Précy-sur-Vrin. Celui d’Ernée dans le nord de la Mayenne. Celui de St Médard d’Aunis près de la Rochelle. Celui du bois de Boulaize en Berry. Ceux de Lalande de Pomerol près de Bordeaux.

Sarlan

Figure 16 - Sarlan

En Béarn
Plusieurs publications échelonnées dans le temps, de 1989 à 2009, fournissent une abondance d’informations. Elles permettent de se faire une idée assez complète de l’importance de cet usage et de la manière dont les murs sont conçus dans cette province française.
L’usage des logettes aménagées dans des murs nous a laissé une quinzaine de traces dans les alentours de la ville de Pau. Leur conservation a généralement été préservée en même temps que celle des bâtiments qui les recevaient.
Dans cette catégorie de ruchers on distingue deux cas qui différent selon l’usage que les apiculteurs pouvaient en avoir : petite niches pour des ruchettes destinées à de jeunes essaims, plus grandes niches destinées aux ruches adultes en cours de production.
Parmi les ruchers qui existent encore on trouve ces deux types de dimensions; les plus grands (70 à 80 cm) étaient assez hauts pour contenir une ruche adulte; les plus petits (30 à 40 cm) ne pouvaient abriter que de jeunes essaims dans des ruchettes, placées auprès de la maison d’habitation pour bénéficier d’une surveillance facile.
Cette distinction entre petites et grandes niches, qui apparaît sur le terrain, s’explique pour des raisons d’exploitation qui nous ont été confirmées par des personnes ayant connu le site à l’époque de son usage (exploitation).
Les murs que nous connaissons peuvent se classer en deux catégories : ceux qui étaient incorporés dans des murs de bâtiments, généralement des granges et ceux qui étaient à l’intérieur de petits murets de clôture.
Un autre élément d’appréciation de ces vestiges réside dans la présence de dates de construction gravées sur les bâtiments concernés ou sur des bâtiments voisins, de facture apparemment contemporaine.

Quelques sites de murets à logettes dans le Béarn
puceMaison Séus
Le mur le plus élégant de la région béarnaise est celui de la ferme Séus, à Lasseube. Il comporte 9 logements, bien exposés au sud-est, alignés dans un ancien mur de clôture du jardin, à l’est de la ferme. La hauteur des espaces intérieurs est de 75 cm en moyenne, la largeur de 42 cm, la profondeur maximum de 30 cm. La partie supérieure de la logette est délimitée par deux feuilles d’ardoise formant un chapeau à angle droit destiné à recevoir la tête de la ruche.

Séous

Figure 17 - Séus

puceLa maison Pédelaborde
Le mur de la maison Pédelaborde, sur la commune de Saucède dispose de 15 niches de grandes dimensions, alignées sur une longueur de 30 mètres.

Pédelaborde

Figure 18 - Pédelaborde

L’ensemble est inclus dans un haut mur de jardin situé un peu en contrebas de la maison principale. Cette maison, très bien rénovée par son propriétaire, l’anglais William Barr, possède une porte avec la date de 1640 sur son linteau. Le rucher est certainement postérieur mais reste très ancien, probablement proche d’une autre date gravée sur le bâtiment, 1783.  Les compartiments sont bâtis avec le plus grand soin en belles pierres carrées.

puceLa maison Castaing
Le mur de la maison Castaing est celui qui possède le plus grand nombre de logements: 26 compartiments inclus dans le mur en pierres taillées de la cour. Les ruches y étaient à peu près exposées au sud (195°). Les logettes sont disposées sur trois rangées, la troisième rangée ne comportant que deux éléments. Chaque logette, de section rectangulaire, mesure 50 à 55 cm de large pour une hauteur de 60 cm et une profondeur de 45 cm. L’intervalle entre chaque logette est constitué d ‘une pierre de 15 à 20 cm de large.

Castaing

Figure 19 - Maison Castaing

Sites de logettes incorporées dans des murs de bâtiments
puceLa maison l’Esquerré
La maison l’Esquerré à Bosdarros ne présente pas le schéma classique des maisons béarnaises avec une cour carrée intérieure mais la grange est séparée de la maison d’habitation par un espace qui pourrait être un vestige de cet arrangement ancien. C’est dans le mur pignon de cette grange que sont percées cinq logettes de très jolie facture, la partie supérieure étant harmonieusement arrondie. Le mur est orienté au sud-est (120°)

Bosdarros

Figure 20 - Bosdarros

Les dimensions de ces logettes sont 47 cm de largeur pour 67 cm de hauteur et 35 cm de profondeur. Le mur qui les porte a une épaisseur de 45 cm ce qui ne laisse que 10 cm de pierre à l’arrière des logettes.

puceLa ferme Médevielle
La ferme Médevielle, sur la commune de Gan, se trouve sur un admirable chemin de crête, le chemin de Lamanet. Dans le mur d’un bâtiment à usage actuel de bergerie, quatre logettes en deux groupes de deux sont orientées au sud-ouest (215°). Elles sont de section carrée et se terminent à leur sommet par l’angle que forment deux tuiles plates. Leur base est à 1,05 m du sol. Leur hauteur est comprise entre 67 et 69 cm, leur largeur est de 48 cm et leur profondeur de 40 cm.

Médevielle

Figure 21 - Médevielle

puceLa maison Herrat
Située dans le quartier Rey, commune de Lasseube, la maison Herrat est construite selon le schéma classique de la ferme béarnaise avec un corps de logis ancien et une grande cour carrée.

Herrat

Figure 22 - Maison Herrat

Elle possède une rangée de 6 belles logettes placées dans le mur pignon d’une grange qui occupe la partie sud du carré. Les dimensions des logettes sont habituelles : H = 60 cm, l = 40 cm, p = 35 cm. La distance au sol est d’environ 1 m. Les logettes de sections carrées sont, comme celles de Médevielle, terminées par l’angle formé par des tuiles plates.

puceL’Ayrine
Sur la commune de Lasseube, l’Ayrine est une ferme très ancienne qui possède un grand nombre de dates gravées sur différents bâtiments placés dans des positions un peu inhabituelles. On relève en particulier la date de 1635 sur le linteau de la porte arrière de la maison d’habitation. La date de 1730 pourrait correspondre au bâtiment dans lequel les logettes sont placées.

L'Ayrine

Figure 23 - L'Ayrine

Celles-ci, au nombre de 12 sont disposées sur deux rangées en deux groupes de 6.
Plutôt petites : largeur 36 cm, hauteur 45 cm et profondeur 35 à 40 cm, elles peuvent être considérées comme des logettes à petites ruches. Comme les logettes de la maison Herrat et de Médevielle elles ont leur partie supérieure profilée (photo n° 2)

puceLa maison Quissole
La maison Quissolle, sur la commune de Cuqueron, se trouve un peu à l’écart de la zone de plus grande concentration des ruchers inventoriés jusqu’à ce jour.

Quissolle

Figure 24 - La maison Quissolle

Actuellement on n’y distingue que deux logettes placées dans ce qui est devenu une pièce d’habitation mais était encore une grange il y a 15 ans. Selon les dires de l’occupant deux autres logettes se trouvaient sur le même niveau, l’une a été remplacée par une petite fenêtre et l’autre a été obturée. La base de ces logettes se trouve à 3 m du niveau du sol. L’orientation est le sud-est (110°). Il s’agit de logettes de petites dimensions.

Conclusion
L’importance et la diversité des murs à abeilles que nous avons pu recenser à ce jour indiquent clairement que ce mode d’exploitation des ruches a existé depuis au moins cinq siècles et principalement dans les régions au sol pierreux. Mais il apparaît également comme étant l’un des traits spécifiques de la civilisation occidentale en matière de construction apicole.


Bibliographie