Secteur n° 2

Las Merindades

Note de synthèse

Entrée de ruche encastrée munie
d'un petit auvent protecteur
et d'une planchette d'envol.
(Puentedey 2009)

Au nord de la province de Burgos, la comarca de Las Merindades est une enclave à l'orographique complexe qui s'enfonce à l'intérieur de la chaîne cantabrique. Bien que fortement concernée par l'influence méditerranéenne en raison de sa proximité avec les sources de l'Ebre et la présence continue du jeune fleuve à travers la région, Les Merindades ont reçu de la région nord des montagnes Cantabriques une forte influence des traditions atlantiques.
Concernant l'apiculture, il s'agit essentiellement de l'usage intensif du dujo, ruche en tronc d'arbre creusé, dans les zones frontières de la province . Cette ruche est exploitée verticalement et disposée sur des petits terrassements, sortes de banqueras, couverts et solidement protégés des vents froids du nord et des basses températures des hivers rigoureux.
Il y a plus d'une centaine de ces petits ruchers domestiques dans le nord des Merindades. Nous en avons indiqué 4 pour information. Mise à part cette influence des zones du littoral cantabre, la grande originalité de l'apiculture traditionnelle des Merindades est l'usage d'une ruche horizontale encastrée dans les murs des maisons d'habitation, des bâtiments agricoles voire parfois de petites maisonnettes spécialement dédiées à leur traitement.
Ces ruches sont très généralement des dujos, couchés dans la maçonnerie du mur, l'extrémité intérieure débordant d'environ 40 cm.
Il s'agit donc de l'adaptation d'un modèle de ruche local, le dujo, à un usage observé au sud, dans le bassin inférieur de l'Ebre, sans qu'il soit possible de dire qui a influencé qui. La seule évidence qui apparaît semble être le caractère archaïque de cette tradition.
La disposition des ruches consiste à séparer assez largement les ruches les unes des autres en quoi cette tradition diffère à la fois des ruchers de la région de la Valdavia, assez proche au sud-est et de celle des ruchers de Navarre, où dans les deux cas les ruches en matière végétale ont été couchées les unes contre les autres de manière jointive, la maçonnerie constituant seulement un remplissage.
À l'identique de ces deux zones, assez proches en tradition, les faces externes des ruches affleurent la paroi des bâtiments et quelques-unes de ces ruches sont faites de planches grossières vaguement équarries.
Apparemment dédiés exclusivement aux usages familiaux, ces ruchers ne dépassent que très rarement la dizaine de ruches. D'autres sites présentant la même configurationn de ruches horizontales encatrées sont connues dans des provinces voisines, toujours dans une zone au sud de la crête de la Cordillière Cantabrique.


Origine des fiches
Robert Chevet : RCH