Secteur n° 9

Las Muelas del Ebro medio

Note de synthèse

Jaulin

Abejar de Vero

Justibol

Vaso

Zuera intérieur

Une plus grande partie des vestiges que nous avons visités dans ce secteur se trouve sur le territoire de la commune de Zuera, sur la rive droite du rio Gallego mais le même type de rucher se rencontre dans une bande qui englobe la zone urbanisée de Saragosse et se pousuit au sud de l'Ebre dans la vallée de ce fleuve jusqu'à Vellila del Ebro et vers le sud dans la vallée du rio La Huerva avec les ruchers de Valmadrid, Jaulin et de Fuendetodos parfaitement conçus sur le mode des ruchers de Zuera qui constituent la référence des ruchers de ce secteur. .
Les environs de Zuera sont caractérisés par l'abondance de ruchers à façades fermées avec des ruches horizontales en maçonnerie (type horno). Ils sont entourés de grands enclos. Bien qu'il s'agisse toujours de ruches horizontales il existe une forte tradition d'utilisation de ruches verticales en vannerie (type vasos) qui avaient essentiellement pour fonction d'assurer le renouvellement des colonies à l'intérieur des ruchers à ruches fixes. Avec 33 000 hectares la commune de Zuera occupe davantage d'espace vers l'ouest en direction des massifs pré-pyrénéens que vers la vallée du Gallego. Les ruchers-enclos que nous avons pu voir se situent généralement dans la bande alluviale qui borde le rio Gallego ou du moins dans sa proximité.
Ces grands enclos se caractérisent par une forte unité de conception. Ils sont tous construits à flanc de colline, sont de dimensions à peu près identiques, selon un plan toujours respecté, un quasi carré proche de 20 m sur 20. Les murs ne sont pas très élevés, inférieurs à 2 m à l'exception du mur du fond de l'enclos qui peut atteindre ou même dépasser 4 m et qui est manifestement conçu pour faciliter l'envol des abeilles.
Au sud de l'Ebre, les ruchers de Jaulin et Fuendetodos corresspondent exactement à ce modèle. Les ruchers de Valmadrid proches du village, sont légérement différents et font apparaitre des archaïsmes dans la construction des tubes-ruches mais relèvent de la même pratique de l'usage de tubes horizontaux inclus dans une maçonnerie.
Les ruches encastrées dans la maçonnerie sont horizontales et inamovibles. Leurs dimensions sont plutôt fortes : les longueurs sont souvent supérieures à 150 cm, donnant des volumes intérieurs de l'ordre de 80 litres. Les enclos sont généralement éloignés des lieux d'habitation et possédent une cabane à l'usage de l'apiculteur. Aucun de ces bâtiment n'est actuellement en exploitation et la plupart sont manifestement abandonnés depuis longtemps.
La présence des enclos ne se justifie pas par la présence de prédateurs particuliers. Ils semblent plutôt relever de la croyance en la nécessité de donner aux abeilles un espace privatif bien marqué dans le paysage et ont été conçus par les apiculteurs pour favoriser la capture des essaims au printemps.
Le mur arrière de ces enclos, orienté au sud et sensiblement plus haut que les autres murs, a certainement joué un rôle de réflecteur pour favoriser l'essor des abeilles à leur départ pour la collecte.
Par leur aspect extérieur ces enclos différent de ceux de la région des Monegros très proche au sud où ne se trouvent que des ruches verticales. Ils différent plus encore des ruchers du nord de la province qui sont employés systématiquement au nord de Huesca et jusqu'à la ligne des Pyrénées.
Les ruchers sont à façade fermée, constitués le plus souvent de 3 rangées de tubes insérés dans la maçonnerie. Ils composent ainsi un solide bloc qui résiste à l'érosion bien mieux que les charpentes qui sont rapidement détruites après l'abandon des lieux. L'espace intérieur des ruchers est constitué d'un couloir d'une largeur inférieure à 1 m, couvert d'une charpente qui résite mal au manque d'entretien.
Il est très difficile de dater ces constructions qui ont la réputation locale d'avoir toujours existé depuis de temps immémoriaux. Des images de Zuera 1, prises par Mrs Crane en 1950 et publiées dans son Archeology of Beekeeping ne font pas apparaître de modification substantielle sur une période de 60 ans si on les compare à ce qui reste actuellement du rucher.
Dans la quasi totalité des cas l'ensemble bâti occupe la totalité de la longueur du mur de la partie haute. Il comporte deux ou trois compartiments de ruches et une, parfois deux, constructions, alignées dans la partie haute de l'enclos. Le plus souvent ces constructions sont des cabanes d'apiculteur conçues pour permettre, sinon le logement continu, du moins un abri convenable à l'apiculteur en période cruciale (essaimage ou récolte) et sont pratiquement des mielleries rudimentaires, la majeure partie du traitement de la récolte se faisant sur place.
Bien que peu de restes en soient encore visibles il est constant que des ruches verticales, donc amovibles, ont été largement utilisées dans tout le secteur. Elles étaient postées dans des endroits variables de la montagne mais également en différents points de l'enclos pour récupérer les essaims échappés du rucher. Il reste très peu de vestiges de ces usages indispensables à l'approvisionnement en essaims des ruches fixes. Le rucher de Justibol , exploité de manière incongrue et totalement englobé par l'agglomération de Saragosse ne constitue pas un exemple probant de l'exploitation des ruches verticales.


Origine des fiches
Robert Chevet : RCH