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Chapelle Saint-RochtCommunes du Var
Grottes et sanctuaires

Jeannine de Ridder
Émilie Michaud-Jeannin

Ce texte a déjà fait l'objet d'une publication dans le bulletin annuel de l'association Environnement-Var.

Introduction
Grottes sanctuaires du Var et autres lieux rupestres aménagés

Les grottes, formations géologiques dues à l'hydrologie superficielle ou souterraine des roches, à l'action éolienne et parfois à des phénomènes tectoniques, ont de tout temps été la providence des êtres vivants, animaux et humains. L'ours, le loup, le renard, de nombreux oiseaux, en ont été les hôtes, bien avant que les hommes ne les fassent leurs et qu'ils leur attribuent de nombreux usages.
La plupart d'entre elles ont conservé leur destinée géologique et peuvent présenter un accès difficile, même ainsi elles sont parfaitement connues des chasseurs contents d'y trouver à se reposer : ni vent, ni pluie, ni bruit. Elles permettent de joyeux feux de bois où réchauffer un repas sommaire et les cendres refroidies qu'il y trouve révèlent au promeneur qu'il n'est pas le premier à être venu là. Quelquefois une source s'ajoute à ce confort rustique : atmosphère étonnante et paisible permettant tous les rêves.
Elles ont servi d'habitat et parfois des façades y ont été plaquées : plus rien alors ne les révèlent. Elles ont servi aussi de lieu de sépulture, de refuge en période de persécution et de guerre, parfois même elles ont servi d'hôpital et de léproserie.
Dans le Var, outre des habitats humains attestés à tous les âges à l'abri de leurs voûtes, la ferveur populaire les a consacrées : elles sont devenues sanctuaires. On reconnaît à quelques-unes d'entre elles une origine païenne et les signes qu'on y retrouve alors peuvent remonter aux époques préromaines, ligures ou celtes ou même grecques ou romaines. La chrétienté les a adoptées : conviction et ferveur nouvelles venant alors se superposer à l'ancien culte.
Environnement-Var a voulu savoir combien notre département comptait de sanctuaires rupestres, rechercher les lieux et les communes où ils s trouvaient, le nom des saints et des saintes à qui ils avaient été consacrés. Nous en avons trouvé de nombreux. Voici le résultat de nos recherches bien loin d'être exhaustives.

Cette étude comporte deux parties : un inventaire des communes répertoriées sur la carte cliquable ci-dessous, l'autre une compilation de chroniques en relation avec ces mêmes lieux.

Cliquez sur le nom des communes pour accéder au contenu des rubriques.

Ampus Artigues Aups Bagnols-en-Forêt Barjols Beaudinard -sur-Verdon Bras Brignoles Cabasse Claviers Comps Correns Cotignac Cuers Draguignan Flayosc Fox-Amphus Hyères La Garde-Freinet Le Muy Le Pradet Le Revest Le Val Roquebrune Lorgues Méounes Mons Montfort Montmeyan Nans Néoules Ollioules Ponteves Riboux Rougiers Saint-Antonin-du-Var Saint-Martin Saint-Martin Saint-Maximin Saint-Zacharie Sainte-Anastasie Sainte-Baume Salernes Signes Six-Fours Sollies-Toucas Trans Trigance Varages Villecroze Saint-Raphaël

carte du Var

Vous trouverez la bibliographie qui nous a aidé à compléter nos informations ici.


AMPUS

Ampus Ampus - Chapelle de la Spéluque

À 2 km au sud du Castrum d'Ampus se trouvent les restes de l'ancien castrum de Reygner. Au sommet de la colline on voit encore un donjon qu'une fosse taillée dans le rocher sépare de l'ancienne église du XIIe siècle. Il ne s'agit pas là d'une grotte mais plus vraisemblablement d'une réalisation défensive. Mais il existe aussi une chapelle dite de la Spéluque, aujourd'hui entretenue par une religieuse dominicaine qui vit là en anachorète.
On raconte qu'au Xe siècle, harcelés par les Sarrasins, les habitants d'Ampus n'avaient d'autre possibilité pour leur échapper que de réfugier dans une grotte à l'écart du village ; que désespérés, ils demandèrent l'intervention de Mayeul, alors abbé de Cluny. Accédant à leur requête, le saint abbé se trouva lui aussi attaqué par les pillards. Jurant alors de le venger, les habitants d'Ampus livrèrent alors aux Sarrasins une bataille si acharnée qu'ils en sortirent victorieux. Notre Dame de la Spéluque (de la Spéluche,voire d'Espéluche) marque le souvenir d'un sanctuaire anciennement installé dans la grotte qui sauva les habitants d'Ampus.
Mais il n'y a pas la moindre trace de grotte à Ampus, même si la chapelle Notre Dame de la Spéluque, fief Lérinien depuis 970, a bien été bâtie en 1090, non loin de la Nartuby. Peut-être y avait-il dans les gorges, il y a mille ans, des refuges aujourd'hui disparus. La chapelle présente trois travées avec voûtes en berceaux supportées par des arcs brisés. Le remarquable autel pentapode est l'assemblage de cinq fines colonnettes de réemploi, toutes différentes, cylindriques, hexagonales ou torses, ornées de bases et de chapiteaux, supportant la table. Toute proche, une borne milliaire devenue socle de croix a trouvé là, elle aussi, un réemploi.
Mayeul est né à Valensole au Xe siècle, en 910. Saint Odilon, son successeur comme abbé de Cluny et qui a entrepris de réécrire la vie de Mayeul, rapporte que le saint abbé possédait dans la région de vastes terres, qu'un loup gigantesque y faisait régner la terreur au pont que personne n'osait s'y attaquer. Mayeul, dissimulé sous la peau d'une bête fraîchement abattue l'appâta. L'animal leurré fut prestement capturé par l'abbé. Ramené au village, exhibé, dépecé, on trouva dans ses entrailles les membres de ses victimes. Suspendu à un arbre, il servit d'épouvantail pour tous les autres loups abondants alors dans la région.
À une époque point si lointaine, le loup faisait encore régner la terreur dans les campagnes. Maintenant qu'il est de retour, il y a fort à parier qu'on se mobilisera contre lui comme on le fit contre les Sarrasins !
Mayeul est bien le fils de Fouquier de Valensole que les luttes féodales conduisirent à quitter le sud de la Provence pour ses confins nord, proche de la Bourgogne. C'est ainsi sans doute que Mayeul connut Cluny, ayant fait ses études à Lyon puis à Mâcon. Sans s'appesantir sur la règle clunisienne dont Mayeul décida de la stricte observance, il convient de noter qu'il sut mettre en place le rayonnement de son ordre, qu'il sut affirmer la prééminence du sacré sur le profane, du représentant de Dieu sur l'Empereur. C'est ainsi qu'on le voit multiplier les voyages entre Cluny et Pavie, résidence impériale où d'ailleurs il installe un couvent. Il est à Pavie en 953, il y est en 967, il y est encore en mai 972. C'est en rentrant de Pavie en juillet, qu'il est pris par les Sarrasins. Allait-il, à la demande des Ampusiens passer par leur territoire ? Une chose est certaine, il est prisonnier et l'ordre s'organise rapidement pour payer sa rançon, Mayeul souhaitant être à Cluny pour l'Assomption.
Les Provençaux se mobilisent alors, non pas pour libérer Mayeul mais pour qu'un tel accident ne puisse se reproduise puisque même la personnalité de Mayeul ne l'a pas mis à l'abri de la capture. Sous les ordres du comte Guillaume II de Provence, ils mènent la lutte contre les Maures détestés qui sont défaits devant Tourtour en 973 et se replient sur le Fraixinet. Ils ne tarderont pas à quitter leur place forte mais ils continueront longtemps leurs incursions en Provence.
Cependant, monsieur Goby, membre de la Société d'Etudes Scientifiques et Archéologiques de Draguignan, ayant fouillé une grotte à Ampus, sans la situer toutefois exactement dans son rapport, constate que toutes les maraines en ont disparu (erreur typographique vraisemblablement pour murines). Or sur la carte IGN figure un lieu dit Les Marines dans les gorges de la Naturby. Il semble fort improbable qu'on puisse désigner de ce nom des lieux sans rapport aucun avec le rivage marin, d'autant qu'il s'agit d'une carte récente. Mais par contre, les murines, ces minuscules chauve-souris sont parfaitement à leur place dans et autour des grottes.
Ne s'agitait-il pas alors de la Spéluque, refuge du Dragon qui suivant le cours de la Nartuby venait terroriser Draguignan.
On ajoute encore qu'actuellement des aigles royaux couvent dans le secteur des grottes d'Ampus et qu'il est demandé de ne pas les déranger. Les œufs doivent éclore en juillet 2009. Puissent les pipistrelles résister aux aigles comme elles ont résisté au Dragon.

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ARTIGUES

Château d'Atigues Château d'Artigues

Une seule rue, une place, Artigues est un minuscule village entre Rians et Varages. Cependant les lieux furent occupés dès la plus haute antiquité puisque la grotte de La Rigabe a permis de mettre à jour un habitat remontant à 60 000 ans avant J.-C. Bien mieux on y a trouvé des foyers qui datant de 40 000 ans avant J.-C. sont les plus anciens d 'Europe.


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AUPS

Aups Sentier de la chapelle

Une chapelle a été dédiée à Marie-Madeleine dans une des grottes voisines d'Aups. La montagne d'Aups n'est en effet que grottes. Elles servirent d'abris pendant les guerres de religion qui furent ici particulièrement violentes. En 1574, les Huguenots du baron d'Allemagne en Provence n'y exécutèrent-ils pas deux cent cinquante catholiques ? L'autre épisode, non moins violent de l'histoire d'Aups est lié au coup d'état du 2 décembre 1851 : Aups fut alors le centre de la résistance et de l'insurrection. Trois mille hommes s'y rassemblèrent. Nul doute que les grottes, là encore, jouèrent leur rôle pour tenter de faire échec à l'armée qui poursuivait les insurgés.
On connaît encore à Aups l'aven Plérimond, vaste grotte ossuaire de l'age de fer. On y accède par le plafond et on y descend à l'aide de cordages. Dans son voisinage immédiat, il existe dans une anfractuosité rocheuse, un rucher prêt à accueillir 6 à 8 ruches sur deux niveaux. Mais elles garnissent si bien la cavité qu'il ne reste plus guère de place pour l'apiculteur.

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BAGNOLS-EN-FORÊT

bagnolsÉglise et grotte de
Bagnols-en-Forêt

L'église est flanquée d'une grotte où un autel dédicacé à la vierge de Lourdes a été installé. Le village de Bagnols,, plaqué sur la colline est séduisant. Il est entouré de sites élevés et pittoresques dont le pic de La Gardiette : les meilleurs guides touristiques assiurent qu'il réserve une vue ablouissante sur la plaine …on n'en peut plus rien savoir ! Le Pic de la Gardiette sert aujourd'hui de réceptacle aux ordures de l'Est varois … et d'ailleurs pour le plus grand dam des bagnolais et dans la plus parfaite indifférence des habitants de la plaine d'Argens qui n'ont pas mesuré la pollution qui les menace.
À la Forteresse et à Bayonne on a relevé des enceintes protohistoriques.. On connaît également les ruines de l'ancien village de Banholis, détruit par Raymond de Turenne. Il arrive qu'on donne à Banholis le nom d'église des païens. En réalité cette appellation concerne une citerne gallo-romaine qui, dans ce quartier, a servi de lieu de culte aux protestants pendant les guerres de religion.

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BARJOLS

Fontaine à Barjols Fontaine du monument aux morts

Au début du XIe siècle, ce n'est qu'une dépendance de Ponteves, mais au XIVe siècle Barjols devient l'une des résidences des comtes de Provence. On dit que Jacques Duéze, le futur pape Jean XXII y séjourna lorsqu'il était précepteur de Louis d'Anjou et de son frère Robert. Nul doute que Jacques Duéze eut des attaches provençales puisqu'il fut évêque de Fréjus en 1300 et Chancelier de Provence en 1308. Mais les enfants de Provence l'eurent-ils auprès d'eux, à Barjols, à un moment quelconque, la chose mériterait recherches. Louis et deux de ses frères, Robert et Raymond-Beranger furent retenus en otages durant sept ans en Espagne. Louis d'Anjou avait toujours souhaité entrer dans les ordres. Il fut nommé évêque de Toulouse en 1296 et Jacques Duéze est alors officiel auprès de lui. Louis d'Anjou meurt l'année suivante. Un procès en canonisation fut presque aussitôt introduit. Jacques Duéze devenu le pape Jean XXII en 1316 lut la bulle de canonisation le 13 avril 1317. Il n'est pas inutile de rappeler que Jacques Duéze fut choisi après un long conclave : on pensait que compte tenu de son âge et de sa santé chancelante, élire là un pape de transition. Il régna 18 ans. Ce fut le plus long des règnes des papes d'Avignon.
En 1350, le 7 janvier, les gens de Barjols s'emparèrent par ruse des reliques de saint Marcel que convoitaient également les gens d'Aups. Ils rentrèrent triomphalement à Barjols en chantant et dansant :

« C'est nous qui les avons, les tripettes, les tripettes
C'est nous qui les avons, les tripettes de saint Marcel »

Or ce jour là on célébrait effectivement les tripettes, commémoration de l'arrivée opportune d'un boeuf alors que le village souffrait d'une longue famine. Il sembler qu'il s'agisse là bien plutôt d'une tradition remontant à l'introduction du culte de Mithra dans la région à la faveur du passage des légions romaines. En effet on offre à Mithra un taureau égorgé au dessus d'un initié inondé alors d'un sang purificateur. Ces religions orientales, entendons le culte de Mithra ou celui de Cybèle ( déesse mère qui protège, guérit et pardonne) avaient pour fin le salut de leurs dévots. Elles s'étaient répandues à travers tout l'empire par le truchement des armées. Le Christianisme empruntant les mêmes voies n'allait pas tarder à les assimiler voire les supplanter.
Mais pour en revenir aux tripettes, la conduite des Barjolais allait être sévèrement sanctionnée. En 1562, après avoir saccagé Tourves, Durand de Ponteves se réfugie à Barjols. Après quatre jours de siège, Barjols tombe aux mains du baron des Adrets qui massacre 600 catholiques, jette les prêtres dans les puits, pille les églises et brûle les reliques de saint Marcel !
En 1590, les protestants attaquèrent à nouveau Barjols. Cette fois ils sont sous les ordres du seigneur d'Ampus. En dépit de la forte rançon qu'ils versèrent, 500 barjolais sont passés au fil de l'épée. Depuis lors Barjols s'est toujours tenu en dehors de la politique, se consacrant à l'industrie. Et en particulier à, celle de la tannerie que l'abondance de l'eau et les forêts de chênes favorisait singulièrement. La première des tanneries ouverte en 1660 fut la dernière à fermer, en 1983.
L'originalité de Barjols tient effectivement à cette présence de l'eau : on y dénombre une cinquantaine de fontaines et le Fauvery y a sculpté des grottes tout le long de son trajet, en particulier au Vallon des Carmes. Les galeries creusées dans le tuf ont été aménagées et l'une d'elles, entre autres consacrée, est ouverte au culte.

Fête de saint MarcelFête de la saint Marcel

Encore un mot de saint Marcel, évêque de Die au Ve siècle, mort au couvent de saint Maurice alors qu'il se rendait à Rome. Il apparut en songe, en 1350, au gardien du couvent réclamant une sépulture digne de lui. De là cette lutte entre les deux communautés d'Aups et de Barjols. Les Tripettes se déroulent le 16 janvier de chaque année. Les petites Tripettes tous les ans et les grandes Tripettes avec le bœuf et son exécution tout les quatre ans.
Mais le 16 janvier un autre saint Marcel est fêté : c'est l'apôtre du Charolais, martyrisé en 177 avec Blandine et ses compagnons. Aux portes de Chalon-sur-Marne, l'abbaye de Saint-Marcel était une dépendance de Cluny. Là aussi il existe une tradition alimentaire : le flan au fromage.

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BAUDINARD-SUR-VERDON

BaudinardBaudinard - réseau de l'église

Les neuf grottes de Baudinard ont fait en 1946, dans le Bulletin de la Société Préhistorique Française (vol 43, n°3-4) l'objet d'une communication de MM. Lambert et Strecchi. Ils font allusion à ce propos au dieu préhistorique Mantus, objet d'une autre de leurs publications dans la même revue en 1942. Ils numérotèrent ces grottes et ils estiment que la grotte n°8 a révélé un caractère cultuel qui les conduit à lui conserver le nom de grotte de l'église que lui donnait une tradition orale qu'ils ont recueillie. Cette grotte se développe sur plus de 600 mètres ; elle couvre plusieurs étages ; elle offre l'étrange particularité d'être ornée d'étoiles que l'archéologue Courtin reconnaît être indiscutablement des signes solaires. Toutefois rien ne permet de conclure à une activité cultuelle au delà de la préhistoire.
Les auteurs concluent , qu'ayant trouvé « sur un kilomètre environ, sur la seule rive gauche du Verdon, beaucoup d'habitants d'âges divers, révélant une culture très pauvre, cette région d'accès difficile qui devait être à peu près impénétrable à l'époque, a servi de refuge à ses habitants lors des invasions venues de la Méditerranée. Par un étrange retour des choses, le même phénomène s'est produit à nouveau lors de l'invasion 1942-1944, venues celles-là du nord … les descendants des populations montagnardes ont spontanément retrouvé le réflexe ancestral de résistance à outrance, puisant sa force dans l'instinct d'indépendance jalouse ».

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BRAS

Bras chapelleChapelle templière

Où se trouvent les gouffres bénis … et pourquoi parle-t-on de gouffres bénis ? Quelles légendes s'y rattachent ? Ce sont actuellement des trous d'eau claire, mais on raconte que du temps où le village dépendait de l'ordre de Malte – ou bien des chevaliers du Temple – les habitants du village n'étaient pas tous bien pensants et qu'un lac se creusa soudain les engloutissant. On sait que les terrains de cette région sont fragiles et sans doute a-t-on un jour, assisté à un effondrement spectaculaire. Mais on dit encore que lors du tremblement de terre de Lisbonne, en 1755, les eaux de ces gouffres se seraient teintées de rouge. Le séisme aurait-il été ressenti jusque là ?


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BRIGNOLES

Sarcophage GayoleSarcophage de la Gayole
Musée de Brignoles

On dit que la ville de Brignoles est toute entière bâtie sur une cité souterraine… Ce qui est certain c'est qu'on a trouvé sous une maison un trou d'eau qui pourrait être un baptistère, que l'église conserve le sarcophage de La Gayole qui passe pour l'un des plus anciens sarcophages chrétiens connus… et que la statue de saint Sumian fut longtemps l'objet de la dévotion des jeunes filles et des femmes stériles. Naguère à l'église paroissiale, ils sont conservés aujourd'hui au musée du Pays Brignolais.
La Gayole est à mi-chemin entre Saint-Maximin et Brignoles. Ce site paléo-chrétien dit de La Gayole, et ses sarcophages ont fait l'objet de savantes publications et d'études approfondies qui ont permis d'imaginer, en faisant la différence entre les brachycéphales et les mésocéphales, quelle fut la population d'origine de la Provence. (Etude anthropologique de la nécropole paléochrétienne, médiévale et rurale de La Gayole – Université de Provence – Thèse BY Mafart – 1984). Elles on permis également d'observer que certains de ces sarcophages, et en particulier l'un d'entre eux, objet de relevés de Pyresc, portait indubitablement les signes d'une origine grecque (cf . Henri Stern – Académie des Inscriptions et Belles Lettres – 1956 – Vol 100 n°2).

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CABASSE

Chateau des féesLe chateau des Fées

La grotte des Puces à Cabasse a fait l'objet d'un rapport de Gagnière en 1954. Peut-être fut-elle habitée mais celle qui le fut à coup sur c'est le Château des Fées.
Voir la chronique Fées .


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CLAVIERS

ClaviersVillage de Claviers

La grotte de la Lioure est propriété privée. On dit qu'elle est toute d'albâtre mais on dit aussi qu'elle abriterait un dolmen ce qui lui conférerait un indiscutable caractère sacré et démontrerait assez l'aménagement culturel d'un lieu souterrain.


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COMPS

Comps Aven MariaL'aven Maria

Le soir de Pentecôte les gnomides se font entendre sortant des profondeurs d'une grotte située entre les bois d'Avellan et Duou. Les Gnomides, êtres à forme humaine, mais rampant au ras du sol, tentent d'entrainer les passants : « Viens nous retrouver dans l'eau souterraine, nous te donnerons une couronne d'émeraude avec des lotus bleus et noirs qui fleurissent dans les ténèbres » chantent-ils. Mais peut-on encore les entendre ? La grotte est désormais dans le camp de Canjuers … Interrogé, le maire de Comps s'est récrié qu'il s'agissait-là d'une invention du guide Tchou et que cette grotte, si elle existe, ne porte pas ce nom.
Dans Canjuers se trouve également l'aven Maria, exploré naguère par le spéléo-club de Saint-Raphaël. Les crânes trépanés qu'on y a découvert ont fait l'objet de la thèse d'Antoinette de Lumeley, spécialiste éminente de la paléo-anthropologie.

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CORRENS

Notre-Dame de CorrensNotre-Dame de Correns

C'est bien le seul village du Var à avoir choisi délibérément l'agriculture biologique.
L'abri de Sous-Ville fut occupé à l'époque préhistorique et servit de refuge pendant les guerres de religion. Toutefois si on trouve à Sous-Ville comme à Saint-Marc des vestiges gallo-romains, c'est au Vallon Sourn que se cachent les fées.
Il ne paraît pas inutile de rappeler que Notre Dame de Correns dispense des indulgences depuis plus d'un millénaire. D'abord indulgence partielle accordée par le pape Sergius IV, cette indulgence est devenue plénière plus tardivement. Le grand Pardon de Correns est célébré tous les vendredi 3 mai depuis 972. On ouvre ce jour-là la porte du Pardon par laquelle les pénitents pénètrent dans le sanctuaire. ( Ce n'est pas ans rappekler la Porte ouverte à l'Aquila dans l'église San Bernardino, quand le pape l'honore d'une visite). Cette fête de Correns attire une telle foule que l'expression « autant de monde qu'au pardon de Correns » est passée dans le langage local courant.

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COTIGNAC

Falaise de CotignacHabitat troglodyte dans les falaises

À l'ère quaternaire, La Cassole dévalait depuis le haut des rochers. Canalisée depuis l'an 1000, elle suit le cours qu'on lui connaît actuellement. On sait quelle place Cotignac tient dans l'histoire de France et on connaît le surprenant habitat troglodytique, toujours en usage, qui s'est développé dans ses falaises. Ce qu'on sait moins c'est que les églises miraculeuses, c'est-à-dire celles qui sont en rapport avec la grossesse d'Anne d'Autriche comme avec le jaillissement de la source de Saint Joseph, ne sont point dans la falaise. Elles ont été construites dans la plaine et, au surplus, à l'écart du village.

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CUERS

Ruines du château de CuersRuines du château

Le village s'est installé au pied d'une colline portant un château féodal souterrain dit Caverne du Loup. Or pendant le siège de Toulon par les troupes austro-sardes en 1707, les cuersois terrorisés cachèrent ce qu'ils avaient de plus précieux dans une grotte. Il s'agit vraisemblablement de la grotte située derrière la chapelle de Valcros : ne serait-ce pas la caverne du Loup ?
Mais le plus étonnant à Cuers ce n'est pas tant cette grotte que le respect dont est entourée la charte passée entre les villageois et le seigneur de Glandeves en 1339.
En 1265, Cuers passe sous la tutelle des Glandeves. La pénurie d'eau et sa distribution difficile déterminent les villageois à demander à leur seigneur un accord sur l'eau. Ubne première transaction est passée en 1299. Cette première charte n'étant pas respectée, les villageois en obtiennent une seconde en 1339. La distribution de l'eau, l'appartenance des sources, le respect des droits de chacun sont clairement définis. Deux des sources en particulier jaillissent, la source Neuve et la source Vieille. La galerie de la première ne mesure qu'une dizaine de mètres, mais celle de la seconde atteint 200 mètres. Il s'agit d'antiques conduits souterrains aménagés dont le tracé est indiqué dans un document de …
La charte est toujours conservée à la mairie. Ses termes sont toujours en usage : l'eau appartient aux arrosants et rien ne les y fera renoncer !

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DRAGUIGNAN
DraguignanPiliers du col de l'Ange
aujourd'hui enfouis sous la végétation

On trouve bien souvent des lieux dits les Fourches. Si bon nombre d'entre eux se rapportent à des embranchements routiers aux itinéraires divergents, ils sont parfois le souvenir de gibets dressés par les seigneurs auxquels le Moyen-Âge avait accordé le droit de haute justice. Ils avaient ainsi le droit de décider de la peine de mort. Triste privilège ! Rempli d'horreur ! Au surplus cette charge les autorisait à graver leurs armes sur cet appareil.
Plusieurs forts piliers de pierre étaient reliés entre eux par des poutres de bois. Ils étaient dressés à l'extérieur des villes en des lieux bien visibles et les condamnés y étaient exposés.
À Draguignan on garde la trace de deux gibets. Un gibet existait juste à coté du col de l'Ange, en direction de Flayosc. On sait que ces piliers étaient des monolithes. On les tient aujourd'hui pour disparus mais nombre de vieux dracennois en ont gardé le souvenir. Un autre gibet se dresse encore au lieu dit les Fourches sur la route de Figanières. On signale pour l'un comme pour l'autre la présence d'une petite grotte ossuaire, réputée contenir les restes des suppliciés. Si aucun culte n'y a jamais été rendu, du moins peut-on estimer devoir en évoquer l'existence. (Ces renseignements ont fait l'objet d'une publication de l'abbé Raymond Boyer : les Fourches du quartier des Selves à Draguignan in Bulletin de la Société d'Etudes Scientifiques, Archéologiques et Géologiques de Draguignan –t LXXIV – 1948).
Les derniers devoirs étaient rendus aux suppliciés par les Pénitents Noirs.
Draguignan tire son nom du dragon maîtrisé par saint Hermentaire. Mais où donc est la grotte du dragon de saint Hermentaire ? Peut-être saint Hermentaire lui faisait-il remonter la Natuby jusqu'à Ampus ?

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FLAYOSC

FlayoscVue du village de Flayosc

La grotte ou plutôt la chapelle du Père Eternel était connue de Garcin qui la cite dans son ouvrage. « On trouve à Flayosc en creusant les terres des souterrains fort anciens, des aqueducs qui amenaient des eaux à quelques piscines romaines, des tombeaux, des médailles de plusieurs règnes et une petite chapelle sous terre qui date du temps de la persécution des premiers Chrétiens ».
De cette chapelle dont on ne retrouve plus trace aujourd'hui, ni écrite, ni orale, subsistent encore quelques vestiges dans une cave, proche de la porte de La Rainesse (Reinette) sur l'emplacement d'un temple christianisé dès avant le Ve siècle car Flayosc paraît avoir été un centre gallo-romain important si on en croit les fouilles pratiquées autour de la nécropole de Saint-Pierre-de-Lavaron.
Le vocable du Père Eternel donné à cette chapelle, voisine d'une porte baptisée La Rainesse ne peut être l'effet du hasard. En effet la grenouille a été considérée en occident chrétien comme un symbole de la Résurrection : la terre muette, aride pendant les mois d'hiver et de sécheresse, renait avec le coassement soudain des grenouilles. C'est la manifestation du renouveau accompli, le signal du réveil annuel de la terre. C'est bien donc à la Résurrection qu'il est fait ici allusion.
C'est la nuit que le crapaud, l'horrible crapaud, avec ses pustules et sa bave « module un tendre cri d'azur » Il semble qu'antérieurement à la fleur de lys (qui n'est pas un lys mais un iris !) il ait été symbole royal et solaire. Trois crapauds figuraient sur l'étendard de Clovis. Après Tolbiac (496 ap J.-C.) ils furent remplacés par les trois fleurs de lys qui y demeurèrent sur les armes de France à travers les dynasties.
Si Mnesarete de Thèbes reçut le surnom de Phryné c'est peut-être qu'elle avait le teint jaune, mais c'est peut-être aussi par ce qu'elle était la plus belle des grecques de son temps … et qu'il fallait bien lui trouver quelque défaut. Elle fut le modèle de Praxitèle, en particulier pour l'Aphrodite de Cnide. Accusée d'impiété et de corruption de jeunes femmes qu'elle initiait aux cultes thraces, comparaissant devant l'Aéropage, son avocat déchira ses vêtements ; s'inclinant devant sa beauté, l'Assemblée l'acquitta. Ne pourrait-on avancer qu'elle devint à l'instar de la déesse qu'elle incarnait l'intermédiaire entre les hommes et Zeus, le tout-puissant, puisque le ciseau de Praxitèle la consacra à Vénus, elle, Phrynée, la grenouille vénéneuse ? En effet telle st la nature de cette sorte de grenouille selon Pline quoique selon Aristote il s'agisse plutôt de la grenouille brune des haies.
La modeste reinette, se fait de plus en plus rare dans les jardins : sa disparition semble aujourd'hui inéluctable. Cependant elle fut porteuse autrefois d'une si forte puissance symbolique qu'il se trouva dans le monde chrétien qu'on dédia la petite chapelle de Flayosc, blottie au pied de la porte Rainesse, au Père Eternel. Cette dédicace n'est rencontrée nulle part ailleurs … hors une chapelle consacrée à la Résurrection sur un pont de Malmédy, en Belgique … mais ce n'est pas le Père Eternel.

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FOX-AMPHUS

Oratoire de Fox-AmphusOratoire de Fox-Amphus

Dans la colline qui supporte le charmant village de Fox-Amphoux se trouve la chapelle rupestre de Notre Dame de Bon Secours. Elle a été aménagée dans une grotte située au nord du village. Pour l'atteindre il faut dévaler la calade, étroit sentier forestier jalonné d'oratoires.
La vaste grotte est obturée d'un mur dans lequel fut ménagée une porte d'accès flanquée de deux fenêtres et surmontée d'un oculus. La voûte naturelle est garnie de nombreux ex-voto, et la ferveur religieuse des fidèles, attestée par un entretien rigoureux, maintient dans cet endroit une atmosphère de grande paix. L'éclairage provient d'une fissure zénithale et à l'issue de cette fissure a été érigé une sorte de campanile qui, quoique surmonté d'une croix, s'apparente bien davantage à une cheminée.
Il s'agit là d'un très ancien sanctuaire dont fort curieusement Garcin ne fait pas état dans son ouvrage. Il ne fait pas davantage état d'ailleurs, lui si bavard, de la naissance à Fox-Amphoux en juin 1755, du conventionnel Paul de Barras. Or notre homme fit vœu à Notre Dame de Bon Secours, s'il sortait indemne de la tempête qu'il affrontait au large des Maldives où il rejoignait son régiment aux Indes, de lui apporter, pieds nus, un tableau le représentant, lui et le navire l'Acti qui le transportait. Il revint à Fox-Amphoux. Il accomplit son vœu mais l'ex-voto n'est plus à la grotte. Il ne semble pas non plus être à l'église Saint Blaise ; d'aucun le disent conservé au presbytère … Il se trouve peut-être ailleurs chez quelqu'un ignorant de son histoire.

BarrasPaul Barras

Barras de petite noblesse provençale, quitte son village à 16 ans pour servir à l'Ile Bourbon. On le retrouve ensuite à Pondichéry sous les ordres d'un autre provençal, le bailli de Suffren. Et puis le voici, en 1783, après une violente querelle avec son ministre, le Maréchal de Castries. Il sembler qu'alors, désoeuvré, il se soit engagé politiquement dans l'orbite de Mirabeau. Quoiqu'il en soit, à l'automne de 1793, il assiste en tant que Commissaire dans le Midi au siège de Toulon. Ce n'est pas lui qui met en selle Bonaparte à cette occasion, mais bien Saliceti que Bonaparte était venu voir au Beausset parce qu'il était souffrant et qu'il ne pouvait pas participer au combat de Toulon. Cependant c'est sans doute là que se rencontrent les deux illustres personnages. Depuis l'année précédente, 1792, Barras est élu député du Var. Sa popularité est telle que Saint-Raphaël prend pour un temps le nom de Barraston. Il participe activement à la chute de Robespierre. Il est un des membres influents du Directoire. Dans la nuit du 12 au 13 Vendémiaire, en 1795, Barras se souvenant de Bonaparte le choisit pour adjoint. À cette époque Barras est déjà lié à Joséphine de Beauharnais comme à Thérésa Cabarrus : il est l'homme du moment ! Ne peut-on avancer que sans Barras, le petit Ajaccien serait resté le petit Ajaccien ?
En 1829, Barras meurt chez lui, à Chaillot dans la plus profonde indifférence : les mouvements de la Restauration l'ont ignoré.
Le vœu de Barras trouve son origine dans la campagne des Indes et son épilogue dans l'histoire de Sartine, à travers le mémoire publié par l'armateur bordelais Jacques Alexandre Laffon de Ladebat puis les explications fournies par sa famille.
En 1775, Laffon de Ladebat entreprend en effet de faire construite une frégate marchande baptisée le Sartine en l'honneur du ministre nommé six mois plus tôt. Il souhaite monter une expédition sur les Indes et la Chine. Tout d'abord l'armateur se laisse abuser par un certain saint Lubin, se prétendant agent secret du roi et demandant accès à bord pour lui et une cargaison spéciale de munitions. Le vaisseau est détourné de sa route et de son commerce ; la plus grande part de sa cargaison lui est volée lors de ses premières escales sur la côte de Malabar. Reprenant sa route vers la Chine, il est pris dans un ouragan au sortir du détroit de Malacca et les vents contraires le forcent à retourner à Pondichéry où il est réquisitionné et armé de 26 canons pour participer, sous les ordres de monsieur de Bellecombe, aux combats navals contre la flotte anglaise. Après la défaite des Français à Pondichéry, toujours sous les ordres de Bellecombe mais devenu vaisseau cartel, c'est à dire bénéficiant de l'immunité due au transport de prisonniers, il entreprend son voyage de retour vers la France. Paul de Barras est à son bord. C'est vraisemblablement là que se situe l'épisode de la tempête terrible du Cap de Bonne Espérance. Tandis qu'il se dirige vers Bordeaux, au large de l'Espagne, le Sartine est à nouveau attaqué par un vaisseau anglais.
Selon les mémoires de Paul de Barras qui se donne un rôle qu'il n'eut peut-être pas : « Les pavillons de trêve arborés, nous fîmes voile pour le Cap de Bonne Espérance. On y prit des vivres et l'on s'y radouba. Après une heureuse traversée, à la hauteur du Cap Saint Vincent (ce cap est au sud du Portugal, à la pointe sud-ouest de l'Algarve) nous fûmes ralliés sous pavillon par un vaisseau de guerre anglais qui croisait sous le cap. À portée de pistolet, il nous lâcha sa bordée, vira de bord et dirigea le feu de mitraille sur notre bâtiment sans défense, et bien que nous eussions les pavillons de trêve, neuf hommes et notre capitaine venaient d'être tués …Le feu continuait, le vaisseau criblé et faisant eau de toutes parts, allait être submergé. Je m'avisais d'abattre le pavillon français de poupe. Le feu cessa aussitôt ».
Rebroussant chemin vers Gibraltar, le Sartine se dirige vers Marseille et là s'échoue, en travers de l'entrée du port. Il termine alors sa carrière mouvementée et le Sartine devint la sardine qui obstrue le port de Marseille.

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HYÈRES

Notre-Dame de la ConsolationNotre-Dame de la Consolation

La ville ne compte pas moins de 25 sources. L'une d'entre elles est dite source de la Vierge ou de l'Ermitage. De surcroît elle se trouve dans un quartier peuplé de fées : Grotte des Fées, Chemin des Fées, Restanque des Fées. Il s'agit d'une source connue de fort longue date et qui curieusement fut abandonnée en 1933, pour être ensuite complètement oubliée. Il n'en demeure pas moins qu'un ermitage était voisin et que la chapelle primitive était consacrée à saint Michel qui semble bien être, en Provence, protecteur des eaux souterraines. En 1395, les lieux passant sous la tutelle de la Chartreuse de Montrieux sont désignés comme le Prieuré de Saint-Michel et de Notre Dame de Consolation. L'appellation Notre Dame de Consolation apparaît alors pour la première fois.
Le sanctuaire qui datait du XIIIe siècle a été au fil des siècles agrandi, modifié, puis détruit le 15 août 1944. Par chance la très vieille statue, don de Saint Louis, était préservée et la grande statue posée au faite du clocher était intacte.
Dans les années d'après-guerre, la ville d'Hyères se donna en Joseph Clotis, un maire actif qui sut et eut la possibilité de faire reconnaître ce lieu auquel elle était fort attachée. Il mit tout en œuvre pour qu'un projet cohérent prenne corps et devienne un exemple de la nouvelle spiritualité et non une quelconque copie d'un édifice XIXe. Le choix de l'architecte Raymond Vaillant fut primordial car Vaillant s'assura la collaboration du sculpteur Jean Lambert-Rucki et du maître verrier Gabriel Loire. À la même époque, Lambert et Loire travaillaient ensemble à la reconstruction de l'église de Lèves (Eure-et-Loire) détruite, elle, le 16 aout 1944. Cette dernière église est inscrite à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques, Notre Dame de la Consolation figure à l'inventaire général du patrimoine régional ; elle devrait bénéficier d'une protection plus étendue. Malraux aurait bien dû y pourvoir, lui qui félicitait les Hyérois d'avoir une si belle chapelle !
Dans les quartiers extérieurs, et plus particulièrement dans les îles, on trouve des grottes.
A Porquerolle : la grotte des Mèdes – Les rochers des Mèdes dominent la plage Notre- Dame « en tournant la pointe des Mèdes, on pourrait avec un bateau visiter la grotte des Mèdes (Guide Bleu 1925)» .
A Port-Cros – La grotte de Cognet à l apointe sud de l'île.
Au Levant – La Plage des Grottes passe pour la plus jolie de l'île … mais n'y va pas qui veut … Quant à la grotte qu'elle est-elle ?

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LA GARDE-FREINET

La Garde-FreinetRuines du Fort des Maures

C'est au fait d'avoir supplanté le vieux Fraxinet, refuge et place forte des Sarrasins jusqu'en 973, que la Garde-Freinet doit gloire et renommée. Chassés, vaincus, les Sarrasins abandonnèrent une forteresse dont il ne reste aujourd'hui que des ruines. Ils ne renoncèrent cependant pas à la piraterie qu'ils pratiquèrent sur les côtes de Provence et un peu à l'intérieur des terres jusqu'au XIXe siècle. Leur château était protégé par une falaise abrupte dont la défense était complétée par un fossé taillé dans le roc.
Au pied du château on voit encore à la baume des Maures, trace d'une habitation bien antérieure aux Sarrasins puisqu'on y a découvert des sépultures du chalcolithique.
À une époque postérieure à l'implantation sarrasine, alors que les hordes de Raymond de Turenne ravageaient les campagnes, les habitants du Freinet-les-Moulins à la Mourre, s'y terrèrent. Leur seigneur Jean de Ponteves, leur concéda alors un droit d'habitation assorti de quelques privilèges dont celui de pouvoir lever dans sa forêt le liège nécessaire à couvrir leurs masures. Ces privilèges furent dûment enregistrés. Du liège à la place de tuile, de chaume ou de branchages, c'est avec le Vieux Revest le seul village où ce mode couverture figure explicitement dans les textes.

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LA ROQUETTE-DU-MUY

Notre-dame de la RoquetteChapelle de La Roquette-du-Muy

À quelle époque les lieux furent-ils habités et par qui ? Pierre Jean Gayrard a consacré une longue étude à ce problème qui l'a conduit à consulter tant les Archives Nationales que les Archives Départementales du Var comme des Bouches-du-Rhône. Les actes notariés n'ont plus de secret pour lui … mais cependant le mystère de La Roquette n'est pas levé !
Il s'agit d'un site privilégié qui a sans doute abrité des moines désireux de vivre l'ascèse comme les moines d'Orient, plus isolés encore que s'ils vivaient à Saint-Honorat. Ont-ils occupé le vieux castrum ? Ont-ils vécu dans les abris sous roche ? Une correspondance échangée en 1550, entre l'abbé de Lérins et François de Rascas, seigneur du Muy, mentionne d'anciens accords rompus et d'autres à prendre pour placer dans le sanctuaire Sainte-Marie des religieux dans des conditions suffisant bonnes pour qu'ils ne pâtissent pas un jour de la solitude. À cette date, le sanctuaire existait. À cette date il ne s'agissait pas d'ermites mais de cénobites.
Le sanctuaire jouissait de la faveur des Rascas qui le dotaient et assuraient son entretien par des fondations. C'est ainsi, que 900 livres lui avaient été léguées par Henri de Rascas afin qu'une messe y fut dite à sa mémoire tous les samedis. Marguerite de Ponteves, veuve d'Honoré de Rascas décida en 1626 d'augmenter ce service et en chargea les Pères de la Doctrine Chrétienne de Draguignan. P.J. Gayrard reprend les termes du contrat passé entre Marguerite de Ponteves et son époux François de Rascas avec les doctrinaires de Draguignan, devant Maître Aubert, notaire royal au Muy, le 26 janvier 1646. La dotation de 900 livres est reprise dans une nouvelle dotation de 6 000 livres et les « donateurs feront construire en dessous de la chapelle et le long de la muraille une habitation pour quatre religieux qui auront en charge l'entretien de la chapelle ». Les conditions de cette donation sont parfaitement exposés et il est précisé : « en cas d'abandon ou faute de satisfaction, les donateurs pourront disposer de la chapelle … et y mettre … qui bon leur semble. »
Mais cet accord n'eut qu'une brève durée, les Rascas firent appel alors aux Trinitaires dit également Mathurins. L'ordre religieux fondé en 1198 par saint Jean Matha et Félix de Valois se consacre au rachat des Chrétiens captifs des Musulmans, alors fort répandu en Provence. Leur vêtement blanc, brodé d'une croix bleu et rouge sur le scapulaire est aisément reconnaissable. L'ordre fut supprimé en 1790, mais en 1652, ils sont installés à La Roquette.
Cependant la seigneurie de Muy change de mains. Jean-Baptiste Félix se montre moins généreux que les Rascas et par un décret de 1727 obtient leur départ, en 1730. Les Mathurins gagnent Aix-en-Provence. Par la suite, en 1757, le sanctuaire est transformé en chapellerie. Mgr Du Bellay alors évêque de Fréjus ordonne que « le service perpétuel qui se faisait à la chapelle N.D. des Pasmes, se fera à l'avenir à la chapelle du château (du Muy) ».
Vers 1717, le destin des Félix du Muy croisa la trajectoire ascendante du cardinal de Fleury qui les entraîna à la cour de Louis XIV à Versailles. Ils y firent carrière jusqu'à ce que Louis-Nicolas devienne ménin du dauphin de France en 1745.
Le domaine resta propriété de la famille Félix du Muy jusqu'à la Révolution. Confisqué, il fut mis en vente en 1791.
Cependant le maire Bonaventure Taxil déclare que « la chapelle, le patec qui l'entoure, le puits et la fontaine demeurent libres aux habitants et étrangers … à la charge pour la commune du Muy de faire faire les réparations utiles et nécessaires pour l'entretien de la dite chapelle ».
Le 12 novembre 1791, le Directoire de Draguignan exclut la chapelle et son patec de la vente des domaines.
Voici qui peut aider à soutenir la position de ceux qui estiment que l'entretien de la chapelle est une obligation pour le Muy auquel elle appartient.
L'acquéreur, J.F. Pascal, médecin aux Arcs, s'oppose alors à la municipalité du Muy et prétend faire valoir ses droits … sur la toiture et les greniers de la chapelle. Tout rentre dans l'ordre non sans qu'aient été échangés des insultes et des coups … Après 1793 , la chapelle fut fermée. De nos jours la chapelle et le patec de 435 m² appartiennent toujours à la commune. Leur accès doit être libre et ils ne peuvent être enclavés et c'est pourquoi les riverains ne peuvent refuser le passage des charrois nécessaires à leur entretien.
La chapelle est aujourd'hui dans un état de délabrement extrême mais non irréversible. Si l'association des Amis de Notre Dame de la Roquette créée en 1992 a été dissoute en 1996, Environnement-Var dans la mesure de ses moyens souhaite prendre le relais et réunir, au moins les bonnes volontés. Elle a pris contact avec la mairie du Muy, avec les Bâtiments de France, avec la Fondation du Patrimoine et ne désespère pas de trouver un sponsor.

Chapelle Saint-JeanChapelle Saint-Jean

Il n'est pas question de rebâtir le couvent dont il ne reste que quelques pierres, mais bien de maintenir la chapelle dans le décor du rocher où elle s'enchâsse. Peut-être pourrait-on également mettre en valeur les abris sous roche existants alentour et qui ne paraissent pas avoir fait l'objet de fouilles attentives.
Ce serait également l'occasion d'attirer l'attention sur la chapelle Saint-Jean. Elle est située juste derrière la Chapelle de La Roquette, au fond d'une faille d'une hauteur prodigieuse qui semble indiquer le séjour des anachorètes jadis, des premiers siècles du monde. D'aucuns ont soutenu que cette faille s'était produite à la mort du Christ, se référant ainsi à l'évangile de Saint- Matthieu.
Autre curiosité du rocher, le Saint-Trou qui n'est que le passage étroit et difficile vers le sommet du rocher et ses trois croix dues au sculpteur Bernar-Venet. On peut atteindre ce sommet par ailleurs ainsi que les grottes occupées à nouveau par le frère Antoine. Ermite des temps modernes, qui ne redoute pas tant les visiteurs que leur impudence. Prenons garde de le faire fuir comme il le fit naguère.

Le paradis c'est ici

Le titre du dernier livre du frère Antoine correspond aux grottes du Rocher qui l'attendaient de toute éternité et dont il a fait son point d'attache depuis des dizaines d'années.
En effet toute une série de grottes accompagne la grotte habitée. À flanc de rocher, celle qu'il occupe a été aménagée en utilisant toutes les possibilités qu'elle offrait et que son emplacement appelait. Une terrasse ombragée de vigne vierge la prolonge. Un vitrage léger l'isole et protège les éléments d'un confort presque entièrement récupéré dans un dépotoir voisin, la cuisinière offerte par un éboueur et permettant à frère Antoine de confectionner de délicieux gâteaux pour ses visiteurs, faisant exception.
L'eau courante est fournie par une grotte-réservoir située au-dessus : il a suffi d'un peu de ciment bien employé pour empêcher les fuites et d'un exercice de plomberie pour faire jaillir cette source là où elle était nécessaire. Une grotte voisine a également été aménagée, mais après des expériences décevantes, les élus seront rares à l'occuper.
Voilà le Paradis de frère Antoine où l'on accède par une forêt sublime, merveilleusement entretenue. Tous les petits frères, toutes les petites sœurs des pins, des myrtes, des bruyères arborescentes expriment l'amour dont ils sont l'objet. Le sage qu'est frère Antoine a fait de ce lieu une vaste oasis de sérénité et de joie.
Pierre Amiel de Giafferi.

Le frère Amiel a gravi la montagne voici presque un demi-siècle. Qui l'a conduit ici, qui lui a conseillé d'y rester vivre dans l'ascèse, la solitude et la méditation ?
Qu'on ne vienne pas nous dire, comme d'aucuns l'ont avancé qu'il n'y a jamais eu et qu'il n'y a pas d'ermites dans le Var ! Mais ce sont là paroles de mécréants.

On notera que dans le cercle des relations des seigneurs du château du Muy on trouve fréquemment mention de la famille de Valbelle largement évoquée dans la chronique consacrée à la Sainte Baume.

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LE PRADET

Mine de Cap GaronneMine de Cap Garonne

On connaît l'exploitation antique des galeries de Cap Garonne. Ces mines de cuivre et d'or sont aujourd'hui abandonnées et semble-t-il d'une façon définitive. Elles abritent un prodigieux musée minéralogique qui passe pour l'un des plus beau du monde.
Le premier à évoquer les richesses de Cap Garonne fut Peyresc, provençal de bonne souche, né à Belgentier en 1580 et mort à Aix en 1637. Il fut un esprit universel tel qu'on en connut à cette époque. Attiré par le Droit et l'Archéologie, il fut aussi astronome découvrant la nébuleuse d'Orion et tentant de dresser une carte de la lune. Géographe, il réussit à prendre une mesure exacte de la Méditerranée. Ingénieur, il conçut un projet de canal entre Aix et Marseille. Ses collections étaient célèbres et ses amitiés solides. Il s'intéressa à Cap Garonne dont le dernier concessionnaire fut Bolo Pacha, cet aventurier qui fut exécuté pour haute trahison, à Vincennes, le 17 avril 1918.

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LE REVEST-LES-EAUX

Gouffre du RagasGouffre du Ragas

Strabon et Pomponnius Mala évoquent la grotte du Lauron - ou Loirion – habitat préhistorique. La vallée de Dardennes est bordée de falaises dont sourdent de multiples ruisselets.
En s'étranglant, la falaise coupe la vallée. C'est là que s'ouvre le Ragas ou Trou du Cierge ou Maramoy, gouffre profond de 70 m.


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LE VAL

Notre-dame de pitiéNotre-Dame de Pitié

On assure au village que les collines qui le surplombent sont truffées de cavités, qu'au fil des âges, elles ont été couramment transformées selon les circonstances, en abris précaires, en bergeries, voire en habitations ou en lieux de culte. Il ne semble pas en rester trace, encore que la grotte des Essartenes tant l'abri A que l'abri B et leur décor offre le plus grand interet (insc.MH 23 juin 1992).
Il ne s'agit pas ici, de trouver un lieu fondé sur quelque culte antique mais bien de s'étonner de l'étrange décor baroque de coquillages et de galets que présente cet étrange édifice dit Notre Dame de Pitié.
Le décor de l'extérieur se poursuit à l'intérieur. En effet les dix mille coquillages et galets utilisés on servi à décorer la façade mais ont aussi participé de l'édification d'un Golgotha qui occupe presque entièrement l'intérieur de l'édifice qui de ce fait semble n'avoir été conçu que pour en être la protection. On ne saurait écarter l'hypothèse de voir là une chapelle funéraire. Il n'est pas moins surprenant, en effet, de constater qu'on accède à cet édifice par le chemin des oratoires qui prend naissance, tout à coté du cimetière, à la Chapelle Sainte-Catherine, et cette chapelle offre, encore que moins somptueux, un décor similaire à celui de Notre Dame de Pitié. Elle passe pour avoir été la Chapelle de Pénitents.

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LORGUES

FresquesFresques de Notre-Dame de Benva

Notre Dame de Benva sur la route d'Entrecasteaux, cet étrange chapelle, en pleine solitude, qui enjambait la route, tient à la fois de l'édifice et de l'aménagement d'une grotte, puisque la roche est entaillée pour la sacristie, ce qui laisserait à penser qu'il s'agit là d'un lieu très anciennement voué au culte.
Son étrangeté tient surtout à son exceptionnel décor de fresques qu'on peut dater du XVIe siècle. On y reconnaît saint Georges, sainte Marguerite, saint Christophe, saint Maur, et en particulier, on distingue sous la voûte un personnage entouré de queues de serpents. S'agirait-il de celles des Gorgones, Méduses, qui symbolisent la spiritualité ?

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MÉOUNE-LES-MONTRIEUX

RampinsPlan de la grotte des Rampins

La commune de Méoune-les-Montrieux a été scindée de Signes vers la moitié du XIIIe siècle. On a distingué par la suite Montrieux-le-Jeune et Montrieux-le-Vieux C'est dans la Chartreuse de Montrieux qu'Omer de Valbelle se livra à une plaisanterie funèbre qui n'amusait que lui et qui au bout du compte n'amusait personne.
À Montrieux, se trouve la grotte des Rampins qui semble mériter une attention toute particulière si on se réfère au rapport de classement. Il ne s'agit pas d'une grotte aménagée, mais d'une grotte facile à visiter et facile d'accès, encore que cet accès soit rendu difficile par la présence d'une décharge illégale (Diren Catalogue des sites classés – 2008).
Le village et son site bénéficient d'une protection au titre de la loi de 1930 (S.I. – 1er aout 1974).


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MONS

Grotte de MonsGrotte de Mons

« Il y a dans le territoire de Mons une grotte souterraine qu'on dit être plus belle que celle d'Antiparos. Trois vastes salles, dont l'une a plus de cent mètres de longueur, offrent aux visiteurs qui viennent la visiter des curiosités sans nombre. Tout ce que l'imagination peut se figurer est représenté sur les parois. La licence et le génie destructif sont cause qu'on a dégradé les belles stalactites qui descendent des voûtes d'une hauteur immense et qu'on a brisé de jolies stalagmites qui s'élevaient de terre. Cependant cette grande cavité présente encore de quoi satisfaire les admirateurs des ouvrages de la nature » (E. Garcin – Dictionnaire historique et topographique de la Provence).
Cependant à Mons, si riche en vestiges de la préhistoire, il n'est fait nulle mention de cette grotte si ce n'est pour assurer qu'elle est sans intérêt. Elle semble n'avoir fait l'objet d'aucun travail universitaire. Cependant Garcin la connaît et avance une comparaison avec Antiparos. Comment Garcin connaissait-il Antiparos et que savait-il d'Antiparos ? La grotte longtemps oubliée avait été redécouverte par le marquis Olier de Nointel, ambassadeur de Louis XIV à Constantinople. Il fut le premier européen à y pénétrer et la rendit célèbre lorsque en 1673, il décida d'y faire célébrer la messe de Noël en présence de 500 invités. Un autel fut installé sur une de ses plus impressionnantes stalactites. Pour qu'on garda le souvenir de cet événement, il fait graver son nom et la date sur le stalagmite. Il envoya également en France des marbres portant des inscriptions de plus de 2000 ans. Ce faisant il ne faisait que se conformer aux vœux de Colbert qui souhaitait qu'on recherchât pour la bibliothèque du roi les meilleurs ouvrages, en Grec, en Arabe, en Persan et autres langues orientales.
Notre ambassadeur n'eut pas que ce rôle culturel. Il parvint à faire accepter à la Sublime Porte les termes de nouveaux accords. En effet l'alliance avec la Turquie qui avait été « intime » sous François 1er étair alors proche de la rupture et l'Occident s'armait pour de nouvelles croisades. Nointel obtint satisfaction en1673 sur la plupart des points. Seul restait en suspens le passage vers les Indes par la Mer Rouge.
Homme de culture, Nointel voyage à travers les Cyclades et la Grèce. En 1679 il est relevé de ses fonctions. Il est endetté et exilé.
Garcin est un autodidacte. Ces gens là, sont curieux de tout, savent tout et retiennent tout. La découverte de Nointel et ses aventures n'avaient pu lui échapper. Nul doute que s'il eut été en relation avec Théodore Bent, il eut fait des rapprochements entre la civilisation révélée par les grottes varoises et la civilisation cycladique primitive. Mais lorsque Théodore Bent est né, l'ouvrage de Garcin était publi, déjà, depuis près de vingt ans.

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MONTFORT-SUR-ARGENS

Château des TempliersPorte du château des Templiers

C'est là le seul endroit de Provence où les Templiers possédèrent un château. Ce château passa ensuite aux Hospitaliers. Montfort a donc connu une présence militaire.
Le site des Spéluques est à l'est de Monfort. Il serait le lieu de la première implantation du village. Il se trouve là, outre les traces d'une occupation romaine, les vestiges d'un ancien prieuré dont il reste une crypte toujours honorée sous le nom de Notre Dame des Spéluques. On accède à ce sanctuaire souterrain par un portail renaissance. On y a relevé une épitaphe paléochrétienne (Ve).
H. de Guérin-Ricard (autels chrétiens – 1906) a vu dans cette crypte un autel chrétien, hélas en deux parties, notant qu'il présentait des cavités hémisphériques, analogues à celles qu'il avait remarquées sur l'autel de Lérins et nulle part ailleurs.
Il a été avancé que cet édifice a été édifié sur le site d'un temple romain. Il est certain qu'on a découvert ici une stèle étrange haute de 1,60 m, aujourd'hui déposée au Musée de Saint-Germain-en-Laye. Selon J.P. Clébert, elle est décorée d'une jument et de son poulain, d'un animal accroupi, de rouelles concentriques et d'une svastika.
Or une déesse celte est appelée Epona, epo étant le nom celtique du cheval. Elle est représentée chevauchant une jument qu'accompagne un poulain. La Gaule est grande productrice de chevaux et l'animal figure sur de nombreuses monnaies gauloises. Ce lieu de culte n'aurait-il pas alors une origine antérieure à la conquête romaine ?

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MONTMEYAN

Tour du CastelarTour du Castelar

Au quartier de la Roquette, village installé jadis dans les falaises de la commune et aujourd'hui disparu, on voit encore les restes d'un château massif construit au 17e siècle et en partie trogloglodytique.
On y voit également les vestiges d'une chapelle dédicacée à sainte Thècle qui se convertit après un prêche de saint Paul. Refusant alors d'épouser Tamire auquel elle était promise, sa propre mère furieuse la dénonça, demandant aux juges qu'on la brûlât. Le feu ne l'atteignit point ; les bêtes sauvages la respectèrent ; les taureaux l'épargnèrent ; les serpents furent foudroyés … elle mourut à Seleucie, chargée d'années et de mérites. On aimerait savoir par quels détours le culte de sainte Thècle est parvenu à Montméyan ?
Par quel détour également cette grotte alors que rien ne semble l'y prédisposer est dite de la Madeleine. Mais dans cette grotte ont été découverts de nombreux vestiges paléolithiques que le Guide Bleu de 1925 qualifie de considérables.

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NANS-LES-PINS

Source de l'HuveauneSource de l'Huveaune

Nans, son gazon vallonné, son green parfait … village accueillant.
Le guide touristique est encourageant ! Le village est au cœur du massif de la Sainte-Baume. C'est de là que part le chemin emprunté par les rois pour se rendre en pèlerinage à la grotte de Sainte-Marie-Madeleine et sans doute ne présentait-il ici que peu d'intérêt s'il ne s'agissait que de mentionner la Source de la Foux qui jaillit dans une grotte de 36 m de long, laquelle se termine par un gouffre et la Source de l'Huveaune qui, elle, jaillit de façon intermittente dans les deux grottes de Castelette.
Mais il existe encore un gouffre, celui de l'iero aprofondado, entre Jaudard et le Bori : trou de 50 m de circonférence, profond de 320 m. On rapporte que Marie-Madeleine y a fait disparaître des impies qui ne respectaient pas le chomage inhérent à sa fête. Cette violence, cette colère sont-elles bien compatibles avec sa sainteté ?

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NÉOULES

Aven du RagaïAven du Ragaï

La grotte profonde de la Baume, abri sous roche, d'où jaillit la source Fouan Croutado se blottit sous les ruines de Saint-Thomé. Il doit s'agir là des derniers vestiges d'un village totalement disparu dont le lieu de culte était dédié à saint Thomé, allitération de saint Thomas, celui-là même qui mit le doigt dans les plaies du Christ.
On signale également l'Aven du Ragaï.


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OLLIOULES

Gorges d'OllioulesPlan des gorges d'Ollioules
Gorges d'Ollioules et du Destel
La Reppe et le Destel ont creusé des gorges profondes et là une vingtaine de grottes ont à des titres divers captivé l'attention des archéologues, des historiens, des scientifiques. Ces grottes quoique situées sur différentes communes sont réunies sous le vocable de Gorges d'Ollouiles. Toute la région a connu une occupation intense à l'époque néolithique comme à l'age du bronze. Mais ce sont les grottes de ces gorges qui, très proches les unes des autres, apportent les témoignages les plus importants. Certaines ont servi d'habitat ; plus nombreuses sont celles dont les parois présentent des peintures et sont incontestablement des sanctuaires. À grotte Dumas, à la grotte d'Alger, à la grotte Mounier, des figures anthropomorphes ont été relevées tout comme à la grotte Schélo (massif du Croupatier) où un homme et une femme président au rite de la fécondité.
Certaines grottes ont donc été, dès l'origine, vouées à un culte, et par la suite ont poursuivi ce destin cultuel.
Tel est le cas du site de Saint-Estève. On y trouve une source d'eau chaude, une vaste et belle terrasse naturelle que les hommes de la préhistoire ont aménagée : elle a été l'assise d'un village protohistorique, déserté brusquement au IIe siècle a. J.-C. puis réutilisé au Ve siècle de notre ère. C'est à cette époque, vraisemblablement, que les villageois taillèrent dans la roche l'escalier qui leur permettait d'atteindre la chapelle juchée juste au-dessus.

La chapelle Saint Estève n'est malheureusement qu'une ruine. C'est probablement l'une des plus anciennes chapelles de la chrétienté et installée dans l'un des sites les plus prestigieux du monde païen. On ajoutera qu'Estève est une déformation d'Etienne qui a été le premier martyr chrétien (Jérusalem – 44 après J.-C.)

Vallée du destelVallée du Destel
À l'entrée des gorges du Destel, se trouve la grotte de la Beata où une femme vécut pendant 30 ans. On sait que très précisément après 1735, elle descendait tous les dimanches s'agenouiller sur le parvis de l'église d'Evenos. On a pensé qu'il s 'agissait, mais sans aucune preuve, d'une femme de La Ciotat qui venait faire pénitence. Puis elle a disparu sans laisser de traces.
Cette grotte est dite aussi du Destel ou de la Pierre Christianisée car elle a pour particularité de présenter un énorme fragment de stalactite (8 m de circonférence, 2 m de haut) fiché dans une épaisse couche de cendre. Ce stalactite installé sur un lit de cendre, transformé en menhir, soit en monument cultuel, présente à son sommet deux pointes dont l'une correspondrait à un culte priapique, voisine avec une cupule dans laquelle fut plantée une croix. Ses faces ont été gravées de six croix.
La présence de ces croix conduit à reprendre un article de Georges Oury, intitulé : « À propos de la grotte du Destel ou de la Pierre Christianisée dans laquelle existe un menhir. » (cf. Georges Oury in Annales du sud-est 1977)
Le dessin de la croix est représenté depuis la plus haute antiquité et dans, très proches les uns des autres qui apportent toutes les régions du monde.. les idoles ou amulettes conservées dans les musées remontent au IIIe millénaire av. J.-C.. Elles représentent la déesse mère étendant les bras en croix. Souvenons-nous aussi de Moïse assurant la victoire sur les Amalécites et Josué arrêtant le soleil sur Gabaon… Symbole de la victoire sur les ténèbres, de la stabilité de l'univers : la croix fut adorée comme un dieu … Platon l'interprète comme l'âme du monde . Les chrétiens l'adoptèrent. Absente des catacombes, elle apparaît à la fin du troisième siècle, elle est associée à l'agneau au IV et Ve siècle… Le premier crucifix portant Jésus glorieux fut consacré à Rome en 706 ; il ne sera représenté mort sur la croix qu'au XIe siècle.
Un mot encore du château du Diable qui se dresse au confluent de la Reppe et du Destel. Les vents ont sculpté les grés de façon fantasmagorique. C'est là que s'était installé le Diable dans des temps très anciens et il terrorisait les habitants d'Evenos. Saint Martin ayant pitié de leur misère, décida d'intervenir. Il proposa au Diable de jouer l'âme des habitants aux trois sauts et prit son élan. En trois sauts il atteignit l'entrée des gorges. Satan s'élança à son tour. Il eut réussi ce même tour de force si saint Martin n'avait supplié Dieu de la balayer : il se fracassa alors dans le lit du Destel. Le château du Diable n'en est pas moins habité ! Quelqu'un s'est taillé dans le roc une habitation. On distingue même des escaliers et un portail.

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PONTEVES

Saint-FerréolDomaine de Saint-Ferréol

La grotte en contrebas du Petit Bessillon fut probablement un habitat. La face est du Petit Bessillon porte effectivement des pierres plantées attestant d'une présence humaine dès le néolithique. Les Romains s'intallèrent là, y élevèrent une tour de guêt dite Tour Saint-Martin.
Dans la plaine du Fauvery, la rivière qui traverse Barjols, ont été découvertes des sépultures néolithiques au Domaine Saint-Ferréol. Un autre lieu de sépultures plus tardives, datant des Ier et IIe siècles ap. J.-C. a été mis à jour sur le plateau, au Domaine des Esclaveaux.

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RIBOUX

Eglise de RibouxEglise de Riboux

Une grotte sur les rives de la Vignole avec trace d'habitat préhistorique et une exceptionnelle faune cavernicole, le Ragage d'Angely à la ferme Chateaurenard, et une grotte sous le village, les renseignements sont pauvres, voire inexistants, pour ce minuscule village.
C'est le site choisi par Claude Berri pour y tourner une partie de son film Jean de Florette. Cela ne suffirait pas à retenir l'attention s'il ne s'agissait, sur le flan sud de la Sainte Baume à portée de Marseille, d'un minuscule village : 22 habitants au dernier recensement.

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ROUGIERS

Castrum de RougiersCastrum de Rougiers

La chapelle Saint Jean de Solferino ne se trouve pas exactement à Rougiers mais bien au-dessus du village actuel, au castrum Saint Jean. Elle est aujourd'hui à peu près ruinée.
L'oppidum où elle a été construite aurait accueilli Marius Caïus après la bataille de Pourrières. Il y avait là dit-on, à cette époque, un autel dédié à Jupiter Fructifère et Fécondateur.
Au Ve siècle, les moines de Saint-Victor essaimant dans toute la Provence, une anfractuosité juste au-dessous de l'oppidum, à proximité de la chapelle, a pu servir d'ermitage à l'un d'entre eux. Les fouilles archéologiques, quoique peu fructueuses ont cependant confirmé l'existence de la grotte.
La chapelle dédicacée à saint Jean s'est vu adjoindre le vocable de Solférino à cause du passage d'un régiment se rendant ou revenant de Solferino, empruntant la très classique voie aurélienne encore ainsi désignée à cette époque.
On aimerait qu'il lui fut adjoint ce nom de Solferino non point en mémoire d'un lieu, mais en mémoire de la sanglante bataille du 24 juin 1859 qui détermina le jeune Henry Dunant, horrifié, à envisager la création d'une association qui porterait secours aux blessés. C'est à sa généreuse initiative et à sa persévérance qu'on doit la création de la Croix Rouge. Le 28 août 1864 est signée la première convention de Genève pour l'amélioration du sort des militaires blessés dans les armées en campagne.

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ROQUEBRUNE-SUR-ARGENS

La BouverieGrotte de la Bouverie

À l'est du village, au quartier de la Bouverie, la grotte dite la Bouverie n°1 a été fouillée au siècle dernier par Escalon de Fonton puis par Oratini quelques années plus tard, après 1976. On y a trouvé un outillage de burins, datant du paléolithique supérieur révélateur d'une civilisation très originale. On parle désormais pour cette époque, du Bouvérien. Les grottes Grimaldi appartiennent elles aussi à cette époque du Bouvérien.


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SAINT-ANTONIN-DU-VAR
Saint-AntoninL'église de Saint-Antonin
Notre Dame de l'Assomption

Jusqu'à une date relativement récente (1954), la commune n'était qu'un hameau d'Entrecasteaux. On y dénombre une dizaine d'habitations seigneuriales, ou du moins de riche apparence. C'est sans doute ce qui a valu à Saint-Antonin-du-Var d'être reconnu comme une commune à part entière !
Au lieu-dit des Saintes une griotte abriterait des reliques mais aucun texte ne révèle de qui sont ces reliques.


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SAINT-MARTIN-DE-PALLIÈRES

Château de PallièresChâteau de Saint-Martin-de-Pallières

Dans une grotte de 300 m de long avec un petit lac souterrain débouche une galerie ayant servi d'ossuaire (puis sans doute par la suite de glacière). La preuve est donc faite d'une occupation des lieux dès la préhistoire.
Le village qui s'étale sous le château, est en grande partie protégé à la fois par un classement au titre des sites et par une simple inscription (S.CL. 30 mai 1944 - SI 28 juillet 1944). L'écrivain Jean Giono soutient que ces mesures ont été prises parce qu'une prairie faisait une jolie tache vert sombre dans l'environnement du village (J. Giono – La chasse au bonheur – 1970).
Le parc a été aménagé en 1734. On a réalisé alors, gigantesque et spectaculaire, une citerne souterraine pouvant contenir 2 000 m³ d'eau.

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SAINT-MAXIMIN

Basilique Marie-MadeleineBasilique Marie-Madeleine

Maximim est membre de la congrégation chrétienne qui abandonne la Palestine au moment des persécutions d'Hérode Agrippa. Il suit la famille de Lazare dont il est de surcroît l'intendant. Car Lazare, le ressuscité possède de vastes propriétés aux portes de Jérusalem, sur la pente est du Mont des Oliviers.
Il suit donc Lazare à Marseille où il semble une temps avoir accompagné ses prédications. Puis il se dirige vers Aix-en-Provence où il s'installe. On ne trouve pas trace de son martyre ; on sait seulement qu'il fut inhumé à la Villa Lata, dans la crypte gallo-romaine, là où il avait lui-même inhumé Marie-Madeleine. Par la suite une église, puis l'actuelle basilique furent construites au-dessus de cette crypte. On y voit toujours des sarcophages antiques conservant les restes de Sidoine, l'aveugle né, dit aussi Résitut, de Marcelle et de Suzanne.
On sait que Madeleine sentant la mort prochaine, quitta son ermitage où Maximin cependant lui apportait l'eucharistie régulièrement, pour venir à sa rencontre et recevoir plus vite le viatique. La rencontre se fit au croisement de la voie Aurélienne et du chemin de Nans. Une colonne y a été érigée. C'est là que Madeleine expira.
Ses reste firent l'objet d'un épisode quasi burlesque. Les moines qui en étaient gardiens, craignant les Sarrasins, non seulement obturèrent la crypte mais transférèrent les corps d'une sépulture à l'autre.
Au XIe siècle, Girard de Roussillon et son épouse Berthe, fondèrent un monastère à Vezelay. Il se répandit le bruit que les reliques de Marie-Madeleine, la recluse de la Sainte Baume, la sœur de Lazare se trouvait sous l'autel. Les miracles et les pèlerinages se multiplièrent et la basilique qu'on sait lui fut consacrée. Les miracles s'y multiplièrent. C'est à Vézelay que Bernard de Clairvaux choisit de prêcher la deuxième croisade. En 1190, Philippe Auguste et Richard Cœur de Lion s'y retrouvèrent avant de partir pour la troisième croisade et le saint roi Louis IX fit quatre fois le pèlerinage de Vézelay.
Mais voici qu'en 1279, il se révéla que les restes ravis à Saint Maximin n'étaient pas ceux de Madeleine. En effet, Charles II, neveu du Roi de France, entreprit lui-même des fouilles qui furent fructueuses : il mit à jour le tombeau de Sidoine … qui contenait le corps de Madeleine. Le pape fut appelé à trancher du dilemme … et il trancha en faveur d'une double appartenance des reliques. À Saint Maximin restèrent en particulier le chef conservant encore un débris de peau. Il manquait un morceau de la mâchoire. Mais le pape possédait un fragment de mâchoire ; il l'envoya et comme elle s'ajustait parfaitement, elle ne pouvait que provenir du squelette de Madeleine. On notera toutefois qu'à cette époque, les comtes de Provence luttaient avec les comtes de Barcelone pour l'hégémonie de la Provence et Aix relevait de la maison de Barcelone. Il importait donc d'avoir, voisine d'Aix, sur le chemin d'Aix et de Toulon une cité puissante. Elle devait rivaliser avec Aix et Charles joua sur l'esprit de pauvreté plutôt que sur la somptuosité de mise alors à Aix. Les travaux de construction de la basilique furent décidés en 1295. Le résultat est à la hauteur des désirs du Prince même si la façade ne fut pas achevé. Durant la Révolution de 1789, elle échappa à la destruction voulue par Barras grâce à Lucien Bonaparte qui appréciait tout particulièrement la qualité de sa sonorité comme celle des orgues qu'elle abritait.
Aujourd'hui la crypte, remise en état par des restaurations successives abrite dans des sarcophages antiques les dépouilles de Marie-Madeleine, de Maximin, de Marcelle, de Suzanne et de Sidoine.

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SAINT-ZACHARIE

La chapelle Notre Dame de Nazareth, dite aussi Chapelle Notre Dame d'Orgon fut découverte par les frères Bosc en 1832, au vieux village d'Orgnion, sur la route de la Sainte Baume. Citée par Garcin, elle est bâtie sur un édifice, ou bien autour d'un modeste autel , dédié à Mars comme en fait preuve une inscription qui y a été relevée.

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SAINTE-ANASTASIE

Saint QuinisBarres de Saint Quinis

Une grotte fortifiée dans les barres de Saint Quinis, passe pour avoir abrité Gaspard de Besse. Mais Gaspard est présent partout dans le Var !
Au-dessus des barres se trouve une chapelle dédiée à Saint Quinis . Y a-t-il un lien quelconque entre ce lieu de culte et la grotte fortifiée ? Qui était Quinis ? Né à Vaison en 500 , il se rend à Lérins, traversant Avignon, Besse, Gonfaron, Le Luc, Le Cannet, Fréjus, prêchant sns cesse de parole et d'exemple. Sa douceur, sa bonté, sa charité furent sans pareilles. Gaspard Bouis, dit Gaspard de Besse, douze siècles plus tard, connaît une popularité sans égard car ce qu'il dérobe par ruse, par malice aux riches – étrangers de préférence – il le distribue sans compter aux pauvres. Il en conserve cependant pour lui et ses compagnons et cache son butin dans diverses grottes. On lui attribue des cachettes dans l'Estérel et celle fortifiée à Sainte-Anastasie. Quoi d'étonnant ? Sainte-Anastasie n'est qu'à 4 km de Besse où il est né. Ces grottes fortifiées rarissimes dans le Var (aucune autre n'y est signalée exception faite peut-être de la glacière de Varages) sont répandues dans les Pyrénées, en particulier dans la vallée de l'Ussat ; elles sont appelées spoulgas ou spulgas, ce qui rappelle le vocable spéluque et ont servi de refuge aux Cathares.
Pour en revenir à Gaspard de Besse, la tradition orale l'a souvent assimilé à Mandrin. Il est vrai que l'un et l'autre vécurent sensiblement à la même époque, qu'ils étaient tous deux beaux et ardents et généreux mais l'un d'eux s'attaquait aux riches voyageurs, l'autre à la ferme, c'est à dire à l'impôt. L'un et l'autre furent trahis par leurs proches. L'un et l'autre connurent le supplice de la roue, le premier à Valence en 1755, le second à Aix en 1781.

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LA SAINTE-BAUME DE L'ESTEREL

« Baume (Sainte). Il existe dans le département du Var une autre grotte qui porte le nom de Sainte-Baume. Elle se trouve sur la montagne de l'Estérel, du coté de la mer, au bord d'un affreux précipice qui fit donner le nom au quartier de Maou Peys, mauvais pays. C'est là où saint Honorat, évêque d'Arles, par attachement pour saint Léonce, évêque de Fréjus, vint passer plusieurs années avant d'aller dans l'île de Lérins qui porte son nom, où il fonda une célèbre abbaye.
Un contemporain prétend que cette grotte a dû être un temple que les Romains dédièrent à Apollon, conducteur du char du soleil et dieu de la lumière. Il croit que ce temple fut appelé Aralucis, autel de la lumière, nom qui lui convient parfaitement et non au village de Mandelieu ainsi que les écrivains modernes ont osé l'avancer. Pour moi, je pense que le temple de la lumière fut fondé par les premiers Marseillais et qu'il se trouvait, dans le principe, sur le plateau au devant de la grotte, où est aujourd'hui une sorte de jardin garni d'un grand nombre d'orangers qui y viennent naturellement, quoique ce soient des hommes qui les y aient introduits ; que ce temple ayant été détruit par les Oxybiens lorsqu'ils étaient en guerre avec Marseille, les cérémonies religieuses eurent lieu dans l'intérieur de la grotte obscure, où la lumière ne pénètre que par une ouverture au haut de la voûte, par où les eaux pluviales tombent dans une citerne. Dans cette grotte se trouve encore un autel chrétien, où tous les ans au premier du mois de mai, on célèbre la messe, à cause d'un grand nombre de personnes des communes de Fréjus et de Saint-Paphaël qui s'y rendent en dévotion. Auprès de la grotte, on trouve des châtaigniers, des figuiers, des noyers, des cyprès, un houx de haute futaie, et des oliviers sauvages venus naturellement dans les rochers ».
E. Garcin Dictionnaire Topographique.
Grotte Saint HonoratChapelle Saint-Honorat

La grotte existe, elle abrite toujours un autel sur lequel un cahier ouvert permet d'apposer son nom et ses vœux. Il existe également dans la grotte un mobilier relevant du bric à brac et il y a fort à penser que les lieux sont parfois habités. Est-ce là une tradition ? En effet l'inventaire des archives communales et hospitalières révèle qu'un ermite y a été hébergé de tous temps, qu'il recevait pour ce faire une autorisation de la commune, voire qu'il était nommé par l'évêque. Elles révèlent encore que la commune de Saint-Raphaël entretenait l'ermitage et fournissait l'habillement de l'ermite.
On trouve, non loin de là, une autre grotte, vouée elle aussi à l'érémiste : celle de saint Barthélemy. Elle n'a pas jusqu'alors déterminé de culte mais elle aussi est actuellement habitée aux beaux jours.
On connaît encore la grotte de l'Hôpital qui figure au cadastre Napoléon. Elle se situe à mi-chemin entre la source de la Sainte Baume et la grotte de Saint Honorat. C'est une grotte aménagée qui présentait à l'origine une façade. Très délabrée aujourd'hui, son éventration permet d'observer plusieurs niveaux. Ses abords moins vertigineux que la grotte Saint Honorat permettaient sans doutes quelques cultures et c'est sans doute ici que se situe le verger cité par Garcin. On devait aussi y trouver quelques ruches comme l'atteste la tradition ecclésiastique. À Tavernes, un très important rucher a été exploité à Notre-Dame de Bellevue et rappelons le mur des abeilles de la vallée de la Nesque, chanté par Mistral.

Quant à la procession à la grotte Saint Honorat, elle se déroule désormais le premier dimanche de mai. Cette année ce fut le 3 mai à grand renfort de tambourins et de cavalcades. Or saint Honorat quitta l'Estérel pour Lérins! Il ne paraît pas inutile d'évoquer plus précisément Honorat dont la renommée ne s'est point éteinte.

SAINT-RAPHAËL

CrypteLa crypte de la vieille église
de Saint-Raphaël

Après que Pierre Aublé (1842-1925) eut réalisé Notre Dame de la Victoire de Lépante, et que la fabrique l'eut cédée à la ville, on envisagea au conseil municipal, d'affecter l'ancienne église à l'usage de remise du matériel d'incendie. Pierre entrepris alors les relevés et les démarches nécessaires au classement de l'édifice au titre des Monuments Historiques (église : arrêté du 20 décembre 1907 – tour – arrêté du 1 janvier 1908). Par crainte d'affaissements, les fouilles entreprises à cette époque furent interrompues. Quelques sondages furent effectués entre 1942 et 1950. Ce n'est que sous la municipalité de Ch. Omédé que de sérieux travaux de mise à jour débutètrent à la requête de Daniel Brentchaloff, alors conservateur des musées de Fréjus et Saint-Raphaël et sous le contrôle de Jean-Claude Yarmola, architecte en chef des Monuments Historiques. Des cryptes d'époque carolingiennes furent découvertes. Le premier édifice réellement identifié, grâce au carbone 14, est en date du Ve siècle, mais il est venu se superposer à un édifice plus ancien réalisé entre le 1er et le Ve siècle qu'Honorat et Caprais ont dû connaître, lui-même se superposant à un site antique.

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LA SAINTE BAUME DE MARIE-MADELEINE

Monastère dans la falaiseMonastère dans la falaise
de la Sainte-Baume

Que la Sainte-Baume ait abrité Marie-Madeleine arrivant de Judée, nul n'a voulu sérieusement le nier. Cette tradition est confortée, il est vrai, par ce que l'on sait de la persécution des Chrétiens par les Juifs à Jérusalem, en 44. On peut donc avancer que les premiers disciples songèrent à fuir par la mer. Les Actes des Apôtres relatent très expressément la fuite de Simon-Pierre après qu'il se fut échappé des prisons d'Hérode Agrippa I, lequel d'ailleurs mourut peu après. Des luttes intestines entretenaient un climat pénible entre les trois tendances entre lesquelles se partageaient les premiers chrétiens. Etienne qui tentait de coordonner leurs actions fut en 44, le premier martyr. Il semble dopnc qu'on puisse avancer que les premiers disciples, et parmi eux les trois Marie, et leur servante Sarah, Marie-Madeleine, Marthe, Lazare comme Maximim, leur intendant, cherchèrent à fuir.
Le christianisme s'était déjà répandu par le biais des synagogues. Son succès avait été assuré par la disparition des interdits que les Juifs opposaient à toute conversion. De surcroît le christianisme accueillait les esclaves et sa doctrine pouvant laisser entendre que la chute de l'empire était proche, Rome qui avait déjà craint les Juifs sous Caligula, Néron, puis Claude, ne pouvait que s'alarmer ; et les chrétiens ne pouvaient passer que pour anarchistes.
Ce recrutement des esclaves – dont Rome a toujours craint l'émancipation puisqu'il était la base de son système économique – les rendait égaux aux hommes libres. C'est ainsi que l'esclave Blandine, martyrisée à Lyon en 177, se trouva plus honorée dans la mémoire collective que la patricienne Emilie.
Quoiqu'il en soit, si les saintes femmes n'arrivèrent pas aux Saintes-Marie-de-la-Mer dans le tablier que Madeleine avait étalé sur l'eau, elle et leurs compagnons arrivèrent vraisemblablement dans cette région peu après leur départ de Palestine. On a voulu voir, aux Saintes-Marie un culte de Mithra car la crypte recélait jusqu'à une époque récente un autel torobolique sur lequel s'appuyait Sara, la Vierge noire des Gitans. (La Provence antique J.P. Clébertt.2 p. 263).
On sait que Lazare fut martyrisé à Marseille vers 97 et que Marthe est morte vers 69 à Tarascon. La première église fut consacrée à Marseile vers 50 par Trophime, Maximim et Eutrope. Si Maximim est le saint patron du diocèse d'Aix-en-Provence , Lazare celui de Marseille, c'est à Marie-Madeleine que fut dédié le Var.
La brève vie de Lucain (né vers 27, il se suicide en 65) se déroule dans cette période où les persécutions d'Hérode Agrippa contraignirent les premiers disciples du Christ à fuit la Palestine. C'est pourquoi la description qu'il donne des lieux dans la Pharsale, à propos du siège de Marseille par César doit être bien proche de la réalité.
On sait que César assiégea Marseille qui ne lui résistait pas, mais tentait d'obtenir une alliance ou, à tout le moins ce que nous appellerions un pacte de non agressivité, car disaient les Marseillais : « ce n'est pas nous qui faisons le poids des affaires. Depuis notre bannissement de la Phocide saccagée, il ne nous reste que la gloire d'être fidèles aux romains de qui nous tenons la vie et la protection ».
Cette attitude contraria fort le conquérant. Il galvanisa ses troupes contre Marseille, évoquant la perfidie des Grecs et assurant que le succès des armes ne peut-être dû qu'à la violence. C'est dans ces conditions qu'il entreprit de fortifier ses positions autour de Marseille et donna l'ordre d'abattre pour partie l'antique forêt voisine quoique, par respect des dieux qui l'habitaient, elle eut été conservée pendant la guerre précédente, c'est-à-dire celle qui opposa Marius aux Teutons. Aussi la décrit-il toujours tenue et conservée pour inviolable : les rameaux de ses arbres étaient si touffus que les rayons du soleil ne pouvaient se faire jour au travers. On eut dit parfois qu'un grand feu embrasait toute la forêt … et qui faisait apparaître les troncs des grands arbres entortillés de serpents épouvantables. Il fait aussi état de cavernes qui mugissaient.
Il semble bien que ce fut là le séjour de Marthe la Salyenne, égérie et augure de Marius lors de la bataille de Pourrières (102 av. J.-C.). Son rôle est évoqué dans le discours prononcé par le maire de ce village lors de la Saint-Jean 2008 : elle aurait suggéré à Marius de jeter les prisonniers, Cimbres et Teutons dans le gouffre de Garagaï de Cagoloup.

Grotte Marie-MadeleineEntrée de la grotte
de Marie-Madeleine

Il existe plusieurs grottes dans le massif de la Sainte Baume. La grotte dite des œufs a fait l'objet d'une présentation dans l'émission télévisée Des Racines et des Ailes. Les concrétions qui lui ont valu ce surnom, permettent-elles d'affirmer qu'il y fut célébré un culte antique ? On a parlé çà ce propos d'un culte à l'Artémis d'Ephèse. Il est bien connu que les Phocéens sont arrivés à Marseille fuyant les Perses en 546 avant J-.C. ; ils avaient emporté une maquette du temple d'Ephèse dédié à Artémis, temple qui passait pour l'une des sept merveilles du monde et qui était le reflet de leur identité. Ils n'ont eu de cesse d'en bâtir la réplique à Marseille et d'en nommer prêtresse Aristartché, femme de haute réputation qui les avait suivis depuis Ephèse et où elle avait eu la vision de leur épopée. Au VIe siècle av. J.-C. , époque où vécu Thalès de Milet, originaire d'Ionie, terre de haute civilisation, les Phocéens pouvaient-ils patronner un culte quasi sauvage dans une grotte quasi inaccessible ?
Voir la chronique Sainte-Baume.


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SALERNES

Saint-BarthélémySite de Saint-Barthélémy

Les plus anciennes traces d'habitat de Salernes se trouvent à la Baume de la Bouissière et à la Baume du Pin. Des traces d'habitat humain en prouvent l'occupation depuis environ 35 000 ans av. J.-C. La font Brégoua qui se trouve sur la route de Sillans est la Cascade est plus spectaculaire. Elle s'ouvre par un large porche. On y a découvert d'innombrables couches archéologiques sur quelques dix mètres de profondeur. Les lieux ont été habités durablement pendant des millénaires et ce depuis 12 000 ans av. J.-C. C'est bien tard au regard des Baumes de Bouissière et du Pin !
L'abri des Roches Rouges est une grotte sépulcrale.
La Bresque a creusé des gorges profondes au fond desquelles se love la chapelle Saint Barthélemy, sous une butte adossée à la paroi. Tout proche il y a le Trou des Bergères. C'est vraisemblablement une des citernes, multiples autour de la source Saint Barthélemy et nécessaires au prélèvement du sel.

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SIGNES

Grotte MounoïLa grotte Mounoï

Sur le versant sud de la Sainte Baume, c'est une des plus grandes communes du Var. Outre de multiples avens, on connaît deux grottes à Signes : la grotte gravée de la Bergerie des Maiges et celle du vieux Monoï. La grotte du vieux Monoï a été fouillée dès 1950 et a fait l'objet d'une publication dans le Bulletin Archéologique de Provence. On y a découvert des céramiques, des squelettes, la trace de chevaux paléolithiques et une fréquentation humaine datant de l'âge du bronze ou du fer. Mais le curé de Signes, l'abbé Saghetto et l'instituteur de Méounes, M. Ducray, fouillent la Baume Fère à la Roquebrussane. Ils y ont mis à jour plus de seize crânes, et chose curieuse, des os humains compressés entre deux pierres (Société Préhistorique Française, 1936, n°1,vol 33).
Cependant les grottes de Signes ont fait l'objet d'une étude fort intéressant sur l'élevage des caprinés néolithiques (Helmer, Gourichon, Sidi Maamar et Vignes, Antropozoologica, 2005).
Le parcage dans les grottes a été mis en évidence, comme la façon d'élever des bêtes, de procéder à leur abattage, à leur reproduction et à la saisonnalité des activités pastorales. Une étude attentive des vestiges des dentitions des ovins et des caprins a permis d'avancer que les ovins sont abattus à 20 ou 22 mois et les caprins entre 2 et 6 mois ou bien entre 2 et 3 ans. La mise bas au néolithique en Provence, est printanière et les grottes sont à cette époque le lieu de mise bas quasi exclusif. Reste à savoir s'il s'agit là de bergeries-habitat humain ou de simples bergeries. Les auteurs estiment que la grotte de l'église à Baudinard (néolithique moyen) et la Baume Saint Michel à Mazaugues (néolithique récent) entrent dans ce schéma.
Ce quartier de la grotte Mounoï n'a pas connu que de paisibles activités pastorales . En 1940, Signes est un bourg agricole qui vit de ses vignes et de ses forêts . Rien ne semblait le prédestiner aux massacres de 1944. Toutefois, le domaine de Chibron après avoir accueilli des réfugiés belges, devient camp d'internement pour les communistes. Célestin Freinet, l'instituteur qui mit au point une pédagogie, basée sur l'expression libre ses enfants sera l'un d'eux. La discipline du camp assez semblable à celle des Bataillons d'Afrique, se relâche lorsqu'il passe sous l'autorité civile.
Une organisation clandestine y fonctionne en liaison avec Marseille et Toulon. Le camp est alors fermé et les habitants de Signes adhèrent peu ou prou à la Légion, entendons la Légion des Volontaires Français. Le chef en est Joseph Darnand, héros de la première guerre mondiale qui adhère à l'Action Française en 1928, crée en 1941, dans les Alpes-Maritimes, le service d'ordre légionnaire qui devient la Milice en 1943. Le sud-est vit des jours particulièrement agités. 1944 sera une rude année. Les « maquisards » ne se cachent guère ! Le 2 janvier 1944, les Allemands attaquent la ferme de Limattes. Ils sont neuf à être fusillés avec le berger Honorat qui n'avait rien à voir dans cette affaire. Deux autres seront déportés. En juin, 500 maquisards attendent le débarquement aux alentours de la ferme du Siou Blanc. Mais le débarquement ne se faisant pas,  ils se séparent sans dommages. Cependant huit jeunes gens sont arrêtés qui sont fusillés à Sainte Anne d'Evenos, le 17 juin. En juin-juillet des responsables de la Résistance provençale sont arrêtés à Marseille. Vingt neuf d'entre eux sont exécutés à Signes le 18 juillet 1944, au vallon du Mounoï.

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SIX-FOURS

collégiale Saint-pierreLa collégiale Saint-Pierre

Situé à l'Ouest de Toulon et faisant au reste partie de la communauté urbaine de Toulon-Provence-Méditerranée, englobé dans un site « Natura 2000 d'importance communautaire » ou y ayant vocation (fiche FR930610), Six-Fours a d'autres atouts qui entrent dans le cadre très précis du présent ouvrage, ne serait-ce que l'étonnante présence de plus de vingt lieux de culte sur son territoire.
En 1955, une grotte a été découverte, en bordure des falaises au quartier de la Lèque, à la Pointe du Cap Sicié. Elle contenait une sépulture collective qu'on a pu dater des environs de l'an 1 000 avant J.-C. Fut-ce un lieu de culte ? Rien n'est moins sur. Elle apporte la preuve que les lieux sont connus et occupés dès cette époque. Un ancien habitat massaliote a été identifié au Brusc et François Jouglas, l'attentif historien local, estime que là fut reconstruite l'antique Tauroentum, détruite après l'affrontement de Brutus et de Pompée puis reconstruite au même endroit. Mais comme il s'agit d'une ville grecque et que ces villes s'organisent autour d'une acropole, force est de constater que la colline la plus proche est celle de Six-Fours qui culmine à 210 m . Avant, le Dr Armieux, dès 1874 avait publié dans le bulletin de la Archéologique du Midi de la France, un article dans lequel il rapprochait l'appellation de Notre Dame de la Cortine, du Cortina , trépied des augures. En 1909, corroborant cet article, les archéologues Bonnaud et Bottin, publièrent dans le Bulletin de l'Académie du Var, les résultats de leurs fouilles entreprises sur les pentes de la colline de Six-Fours. Il y a donc là un habitat antique et nul ne s'étonnera de trouver une crypte sous la collégiale Saint-Pierre. L'église actuelle fut édifiée par l'architecte marseillais Guillaume Borelli entre 1608 et 1614. L'abbé Garrel dont les recherches font l'objet des Annales de Six-Fours publiées en 1886 par le Trésorier-Payeur du Var, Gustave d'Audiffret, fait état d'un sanctuaire souterrain, catacombe, converti ultérieurement en citerne.

La crypte

Extrait de l'ouvrage de François Jouglas
Publié par l'association des Amis de la Collégiale Saint-Pierre du Vieux Six-Fours.

Plan Six-FoursL'église romane avant 1607

Deux thèses sont en présence. Celle écrite dans les Annales de Six-Fours, publiées en 1866 par monsieur le comte Gustafe d'Audiffret et dont l'auteur réel est l'abbé Garrel, curé de Six-Fours vers 1860. Elle précise avec plan à l'appui qu'il s'agit d'un sanctuaire souterrain, espèce catacombe.
La deuxième émise par René Vidal dans son live Six-Fours, publié en1896, considérant qu'il s'agit d'une citerne effectivement visitée par l'auteur en 1876. Ces deux thèses ont été ensuite recopiées par tous les auteurs d'histoires sur Six-Fours, personne n'ayant d'ailleurs eu la curiosité de visiter ce souterrain. Une précision est à ajouter. D'Audiffret termine sa description en précisant que lors de la construction de l'église gothique (1608-1614) « cette espèce de catacombe fut convertie en citerne » .
Par contre, aucune évacuation n'existe actuellement, malgrè des recherches minutieuses ; le canal de trop plein de 0,35 x 0,40 signalé par R. Vidal n'a été trouvé nulle part, et il n'y a pas de traces d'obturation récente.
Malgré cela cette citerne ne se remplit pas, bien qu'elle ne soit pratiquement pas utilisée. Une marque très nette sur tout son pourtour montre que l'eau s'y stabilise à environ deux mètres du fond, ce qui suppose une non étanchéité au-dessus de ce niveau. Mais cela n'empêche pas que son utilisation à l'usage de citerne est certaine depuis 1614. Jusqu'au début de ce siècle il existait encore un petit local adossé à l'église, avec une pompe à main et une fontaine où les habitants pouvaient puiser l'eau.
Toutefois notre visite montre qu'il ne peut plus être question d'une excavation de 15 mètres de hauteur dans le roc, indiquée par d'Audiffret, ni d'une crevasse de rochers de 10 mètres au dessous de l'église citée par R. Vidal.
Deux hypothèses peuvent être émises pour la période antérieure au XIe siècle :
1 - Nous aurions à cet emplacement, une construction ancienne reposant à environ deux mètres au-dessous du sol, sur laquelle, à l'est et de façon continue, on allait construire l'église romane.
Cette construction aurait eu comme dimensions : environ 9 mètres de longueur et une largeur variant de 3 mètres au nord à 2 mètres au sud, et une hauteur pouvant être de 6 mètres, celle des voûtes actuelles. La partie sud où se trouve le puits actuel, étant une avancée par où on pouvait accéder, la pente du sol naturel allant en montant vers le sud, et le puits actuel n'étant dû qu'à une forte hauteur de déblais, pierres et terre accumulés au cours des siècles.
2 - La présence d'une simple faille dans les rochers ayant en moyenne 2 m de profondeur et qui obturée du coté nord, soit naturellement, soit par un mur, aurait formé un bassin contre lequel on aurait construit, sur son grand côté de 9 mètres, l'église romane. Il est remarquable que cette profondeur de 2 m correspond au niveau auquel l'eau se stabilise actuellement.
Quelle que soit l'hypothèse envisagée, il ne peut être question d'une citerne remontant à l'antiquité, comme plusieurs auteurs l'ont affirmé.
Des fouilles complètes dans la partie ouest de l'église romane, aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur, pourraient facilement arriver à éclaircir de problème très important pour établir les origines du christianisme à Six-Fours.
La collégiale du Vieux Six-Fours a vraisemblablement été bâtie sur les vestiges d'une chapelle datant du IVe ou du Ve siècle, elle même édifiée sur les restes d'une acropole Grecque.

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SOLLIES-TOUCAS

En 1707, moins chanceuse que Cuers, la ville doit héberger les troupes du Duc de Savoie et pour échapper à la destruction certaine, doit verser aux occupants 16 000 livres. Les habitants n'ont point comme ceux de Cuers, songé à exploiter leurs grottes.
Cependant on trouve là une des plus belles grottes de la région, celle de Lumé. Il existait également dans le Domaine de Morières les Montrieux des gouffres de l'Extrême-Onction, du Caveau et la grotte des Truebis, que d'aucun signalent à Mazaugues. Elle a révélé un important mobilier funéraire. La source qui y prend naissance a été captée en 1829.
La source du Thon a été canalisée par les Romains jusqu'à Hyères. Quelques vestiges de l'aqueduc existent encore vers Lamagnon (La Valette).

Sous l'invocation de Saint-Michel

Saint MichelSaint Michel terrassant Satan
d'après Raphael (Musée du Louvre)
Saint-Michel, vallée du Caramy ; Saint-Michel, vallée de l'Argens (commune du Cannet des Maures – chapelle de Saint-Michel sous terre) ; Saint-Michel de la Nesque dans les gorges de la rivière, dans le Vaucluse ; Saint-Michel à Goult (Vaucluse).
Ces chapelles ont en commun d'être souterraines et au bord de l'eau.
Le culte de Saint-Michel est attaché à la lutte du bien contre le mal. L'archange Michel pourfend le dragon qui incarne les puissances infernales, les puissance souterraines. Cet aspect est issu de la Bible dont nos aïeux faisaient grand usage et nous citerons peut-être un peu longuement l'Apocalypse de saint Jean : « Il se donna une grand bataille dans le ciel. Michel et ses Anges combattaient contre le Dragon et le Dragon avec ses Anges combattait contre lui et ce grand Dragon, cet ancien serpent, qui est appelé le Diable et Satan, fut précipité en terre et ses Anges avec lui. »(Apoc. XII-2). Plus loin il est dit : « alors le serpent jeta de sa gueule, après la femme (que saint Jean voit alors) comme un fleuve pour l'entraîner et la submerger de ses eaux »(Apoc. XII-3). Voici bien le thème concrétisé par ces chapelles : le Diable est en terre mais néanmoins crache l'eau torrentueuse. Mais soyons rassurés car il sera enchaîné pour mille ans ! Toutefois, après que les mille ans seront accomplis, Satan sera délié et il sortira de sa prison et il séduira les nations qui sont aux quatre coins du monde, Gog et Magog ; et il les assemblera pour combattre »(Apoc XX-2).
Il n'y a pas que dans le Var que sont liées les puissances infernales et l'archange Michel. À la limite de la Drome et du Vaucluse, dans la vallée de la Nesque, sur la commune de Monieux, la chapelle Saint-Michel d'Anésca est signalée dans le Guide Bleu Provence Alpes Cotes d'Azur (ed.1987 auquel nous avons contribué). Elle est au ras de la rivière. Aménagée au XIIe siècle, réaménagée en 1643 comme il est inscrit sur sa façade, elle a été établie sur un site préhistorique ce qu'ont encore confirmé les fouilles récentes d'une équipe canadienne. On cite également Saint-Michel à Goult (Vaucluse) dans le vallon de l'Imergue, sur un rocher qui surplombe le couvent Notre Dame de Lumière.
On cite encore au nord-est de Montesquieu, dans l'Hérault, la chapelle Saint-Michel de Paders située dans un vallon ou sourd un ruisseau … et le choix de ce site étonne la « Communauté de communes Coteaux et Châteaux » dans un prospectus distribué à Roujon.
Dans le Var, deux chapelles au moins existent dans des sites semblables : l'une dans la haute vallée du Caramy, et l'autre au Cannet des Maures, dans la vallée de l'Argens. Neuf grottes ont été inventoriés dans la vallée du Caramy par l'abbé Glory, H. Neukich, Sanz Martinez, F. Domas, P. Georgeot, le Dr. Gérard se réservant la publication de sa propre découverte. Ces grottes sont situées au sud de Tourves, en amont du Pont Romain. Il s'agit de l'abri du Lazaret, de la grotte Chuchy, de l'abri Hilaire, de la grotte Neukich, de la grotte Alain, du trou Nicole, du Trou des deux Amis, de la grotte des Cabro, puis sur la rive droite, à la hauteur de la grotte Neukich, l'abri du Charbonnier. À la fin de ma campagne, en août 1944, une dixième grotte fut découverte dans une vallée latérale, la grotte Bernard.
Aucune d'entre elles ne paraît avoir connu d'autre fonction que spirituelle ; aucune d'entre elles n'a connu une affectation religieuse pérenne se poursuivant jusqu'à notre époque. Or une publication de l'équipe du Pr. Ph. Hameau (Archéologia, octobre 2001) décrit d'autres grottes, tout en amont des précédentes : l'abri de la Chevalière, l'abri de la Roquette, et enfin une chapelle dédicacée à Saint-Michel, construite sous un rocher déjà connu à l'époque préhistorique. Elle est ornée d'une fresque qui « représente l'archange Michel de face, la tête auréolée, inclinée vers l'épaule gauche, l'aile gauche déployée … et l'aile droite repliée le long du corps. Le bras droit est levé et la main tient une lance. Un groupe d'angelots assiste à la scène. Gestes et regards sont tournés vers le dragon … » esquissé par une simple ligne dorsale. On notera que cette chapelle rustique possédait une abside orientée vers l'est et qu'une chambre rudimentaire et une citerne la complétaient.
À cet endroit, le Caramy, proche encore de sa source devient torrentueux.

Plan Haut-CaramyEmplacement des grottes dans le Haut-Caramy

Reste la chapelle mystérieuse de Saint-Michel sous Terre au Cannet des Maures. Ce sanctuaire a changé de nom. Après avoir été dédié à saint Isidore, puis à saint Pierre, il porte désormais le nom de Saint Michel. Il a été aménagé à proximité de ce qu'à Vidauban comme au Canner des Maures, on appelle lez sources d'Entraigues, ces sources étant en réalité la résurgence d'une importante rivière souterraine. Difficile d'accès il s'agit bien là d'un lieu secret et protecteur. On a cependant bâti une source en berceau, calée sur les parois rocheuses, percées de minuscules ouvertures qui dispensent une faible lumière. Saint Michel veille sur les bouillonnements du fleuve.
Ici et là-bas, le Dragon vaincu ne serait-il pas le torrent ?

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TRANS

La NartubyLa Nartuby

Depuis de nombreuses années, la route nationale ne traverse plus Trans et la façade charmante de son Hôtel de Ville demeure ignorée, comme aussi le cours torrentueux de la Nartuby qui faisait en des temps point si lointains, travailler moulins et filatures de soie.
Un restaurant occupe désormais la grotte occupée naguère par un moulin à huile.


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TRIGANCE
TriganceChâteau de Trigance

Le site du village est inscrit au titre des « sites remarquables » depuis le 3 avril 1953 , mais il est compris dans le classement du Verdon de 1990.
On relève l'existence d'un bourg castral sur un éperon rocheux au-dessus de l'Artuby auquel on accède par un chemin tracé entre deux abrupts. On cite encore la grotte et la cascade au Pas de la Chapelle, comme la Baume des Faux- Monneyeurs sur les rives du Jabron quoiqu' aucun texte n'ai fourni le moindre document sur les activités de ces bandits à Trigance, même si le site s'y prête tout particulièrement.

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VARAGES

Il existe de multiples grottes à Varages et si elles ont toutes servi, elles ont eu au fil des âges des usages divers. Certaines présentent de réelles façades, percées de fenêtres à meneaux. D'autres n'ont servi que de refuge lors de périodes troublées. La grotte de La Ferrage a révélé un ossuaire chasséen ; un autre, encore plus vaste, riche en stalactites et autres concrétions, est actuellement fermé à la visite.
Hors du village se trouve, dans une propriété privée, une grotte importante, qui fut fortifiée, à laquelle on accède par un couloir aménagé, lequel débouche dans la salle du Four (s'agit-il d'un four à chaux ?) puis dans une ancienne glacière au nom combien évocateur de glacière de la Charité. En effet les bénéfices de cette glacière étaient distribués à l'Hôtel-Dieu, aux malades et aux indigents. Au plus profond de la grotte, un diverticule permet d'accéder à une dernière salle.
Alain Inaudi de Varages a étudié personnellement cette structure qui, comme la Grotte aux Fées de Cabasse, a fait l'objet d'études et de communications de MM. Allemand et Ungar.

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VILLECROZE

VillecrozeGrottes de Villecroze

Garcin a, bien entendu, décrit Villecroze « dont le territoire offre aux curieux une jolie grotte qui s'est naturellement formée dans le tuf. Elle a trois ou quatre étages décorés de concrétions … croirait-on que l'ignorance et le génie destructif en sapent les fondements de manière à ce qu'il se détache de temps en temps de grandes masses de tuf qui finiront par anéantir ce qu'on aurait du conserver avec soin ».
Notre Provençal connaît bien son pays et reconnaît ce à quoi il faut accorder attention. Il pressent les dommages que peuvent apporter les visiteurs imprudents. C'est que les grottes de Villecroze sont étonnantes ! Etonnantes de beauté naturelle sans doute ! Etonnantes aussi parce qu'un seigneur imagina au XVIe siècle de les aménager en forteresse défensive.
Il fit poser une façade percée de fenêtres. Il fit tailler un escalier dans la roche et poser une herse. Peut-être est-ce à lui qu'on doit aussi le jardin extraordinaire qui se développe au pied de ce fantastique château.

Motivation de la protection
« Les grottes de Villecroze sont situées à 150 m environ du nord du village qu'elles dominent dans un endroit pittoresque, à côté d'une cascade naturelle de plus de 20 m de hauteur qui livre passage au ruisseau venant de Tourtour. On y accède par un escalier taillé dans le roc.
Extérieurement elles ont l'aspect d'une forteresse. Les grottes de Villecroze constituent bien un monument naturel et pittoresque digne d'être protégé. »
(extrait du rapport de M. Delahaye, présenté à la CDS du 30 janvier 1924)

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